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Terminale — Révision Bac

Philosophie

16 notions · Auteurs · Méthode · Exercices

Le sujet

La Conscience

La conscience me donne-t-elle une vraie connaissance de moi-même ? Est-elle synonyme de liberté et de certitude ?

Les trois sens de la conscience

Conscience spontanée — être présent et en éveil. L'animal l'a aussi (le chat conscient de la souris). S'oppose à l'évanouissement.

Conscience réflexive — avoir conscience de soi-même, pouvoir s'introspecter (se voir comme dans un miroir). Suppose une distance avec soi. L'animal et le tout petit enfant ne l'ont pas.

Conscience morale — juger le bien et le mal.

À retenir : chaque niveau suppose le précédent (pour juger le bien, il faut pouvoir s'introspecter ; pour s'introspecter, il faut être en éveil).
Conscience : certitude ou illusion ?
AuteurThèseIdée clé
DescartesCertitude absolueMême si tout est peut-être une illusion (rêve, matrice), le fait que je pense ne peut pas l'être : « je pense donc je suis ». La conscience = seule certitude indubitable.
SartreConscience = libertéLa conscience réflexive crée la distance avec mes pulsions → elle rend possible la liberté. Sans introspection, je ne suis qu'un animal.
FreudConscience illusoire« Le moi n'est pas maître dans sa propre maison » : la conscience n'est que la partie émergée de l'esprit ; l'inconscient la parasite en permanence.
Bilan : la conscience n'est ni synonyme de liberté (contre Sartre), ni de certitude absolue dans tous ses sens (contre Descartes) — à cause de l'inconscient.
Conscience réflexive
Capacité de se prendre soi-même pour objet (se voir comme dans un miroir). Suppose une distance avec soi. Propre à l'humain.
Introspection
Acte par lequel la conscience s'observe elle-même, examine ses propres états intérieurs (pensées, émotions).
Cogito
Descartes : « je pense donc je suis ». Le fait de penser est la première vérité indubitable, fondement de toute connaissance certaine.
Inconscient
Freud : partie de l'esprit qui échappe à la conscience, avec ses propres désirs refoulés, mais qui détermine nos pensées et nos actes.
Conscience morale
Capacité de juger le bien et le mal de ses actions. Niveau le plus élevé de la conscience, supposant les deux autres.
Sujet
Être conscient de lui-même, capable de dire « je », distinct de l'objet. Au cœur de la question de l'identité et de la liberté.
Le sujet

La Liberté

Sommes-nous vraiment libres ? Le devoir moral s'oppose-t-il à la liberté ? Sommes-nous à l'origine de nos actes ou déterminés par des causes ?

Liberté et morale (Kant)

Spontanément, on croit que se soumettre à la morale est une entrave à notre liberté. Pour Kant, c'est l'inverse : satisfaire tous ses désirs, c'est être esclave de ses pulsions. La vraie liberté, c'est exercer sa volonté rationnelle.

Exemple : Don Juan, qui ment sans cesse pour séduire toutes les femmes, est esclave de ses pulsions : il n'est pas libre.
Sommes-nous libres ou déterminés ?
AuteurThèseIdée clé
SartreLiberté radicaleLa conscience permet de s'introspecter et donc d'agir librement (existentialisme). L'Homme n'a pas d'essence figée : il se choisit. « Nous sommes condamnés à être libres. »
SpinozaDéterminismeL'Homme est déterminé par les lois de la nature comme tout objet. Notre volonté a des causes (éducation, génétique, milieu). « La liberté n'est que l'ignorance des causes qui nous déterminent. »
FreudDéterminisme psychiqueD'accord avec Spinoza : notre conscience est déterminée par notre inconscient. Nous ne sommes pas maîtres de nos choix.
« L'homme est condamné à être libre. » — Sartre
Libre arbitre
Capacité de la volonté à choisir par elle-même, sans y être contrainte par une cause. Liberté de choisir entre plusieurs possibles.
Déterminisme
Thèse selon laquelle tout événement (y compris nos choix) est l'effet nécessaire de causes antérieures. S'oppose au libre arbitre.
Existentialisme
Sartre : l'Homme n'a pas de nature déterminée, « l'existence précède l'essence ». Il est libre de se choisir et donc responsable.
Mauvaise foi
Sartre : se mentir à soi-même pour fuir sa liberté, en se faisant passer pour déterminé (« je n'avais pas le choix »).
Liberté (Spinoza)
Pour Spinoza, se croire libre = ignorer les causes qui nous déterminent. La vraie liberté serait de connaître ces causes (par la raison).
Volonté
Faculté de se décider à agir. Pour Kant, la volonté rationnelle (qui suit la raison, pas les pulsions) est la condition de la liberté.
Le sujet

Le Bonheur

Faut-il rechercher le plaisir à tout prix ? Le bonheur est-il vraiment le but de la vie ?

Définition

Le bonheur doit être distingué du plaisir ou de la joie, toujours éphémères. Le bonheur est un état de satisfaction durable où nos aspirations les plus importantes sont réalisées.

Épicure — trier ses désirs

Épicure distingue les plaisirs cinétiques (en mouvement, une excitation sans apaisement, ex : la drogue → souffrance au retour) des plaisirs catastématiques (stables → bonheur véritable).

Il faut trier ses désirs : se focaliser sur les désirs naturels et nécessaires (boire, manger), se passer des superflus.

Citation : « Un morceau de pain, quand tu as le ventre creux, te procure autant de joie que du caviar. » But visé : l'aponie (tranquillité du corps) et l'ataraxie (tranquillité de l'âme), obtenues par des plaisirs stables comme l'amitié.
Le bonheur est-il le but de la vie ?
AuteurThèseIdée clé
AristoteOuiLe bonheur est la finalité ultime de toutes nos actions : on fait tout le reste en vue d'être heureux.
KantNon, le devoir primeIl existe un impératif moral parfois contradictoire avec le bonheur (défendre quelqu'un au risque de sa vie). Le devoir n'est pas soumis à notre intérêt.
RousseauLe désir, pas la satisfaction« Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! » La satisfaction met fin au désir mais n'apporte pas le bonheur : nous sommes heureux de désirer.
Plaisirs cinétiques
Épicure : plaisirs « en mouvement » liés à une excitation sans véritable apaisement (drogue, passion). Éloignent de la plénitude.
Plaisirs catastématiques
Épicure : plaisirs « stables » de l'absence de trouble. Procurent le bonheur véritable (ex : l'amitié, la santé).
Ataraxie
Tranquillité de l'âme, absence de troubles. But du sage épicurien (et stoïcien). Le bonheur, pour Épicure.
Aponie
Absence de douleur du corps. Avec l'ataraxie (âme), elle constitue le bonheur selon Épicure.
Désirs naturels / nécessaires
Épicure : désirs à satisfaire en priorité (boire, manger) car leur non-satisfaction fait souffrir. À distinguer des désirs vains/superflus.
Souverain Bien
Le bien le plus élevé, recherché pour lui-même et non pour autre chose. Pour beaucoup, le bonheur ; pour Kant, l'union de la vertu et du bonheur.
Le sujet

Le Temps

Si le passé n'existe plus et le futur pas encore, qu'est-ce qui existe vraiment ? Faut-il vivre seulement au présent ?

L'énigme du temps (Saint Augustin)
« Qu'est-ce donc que le temps ? Si personne ne m'interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l'ignore. » — Saint Augustin

Le temps est une aporie : le passé n'existe plus, le futur pas encore, et le présent est un instant qui s'enfuit. Reste-t-il quelque chose qui existe vraiment ?

Vivre le présent ?
AuteurThèseIdée clé
Marc AurèleVivre l'instant (stoïcisme)Il faut vivre le présent, ne pas se laisser déborder par le passé (remords) ni le futur (angoisse). « Le présent est la seule chose dont on peut être privé. » → ne pas craindre la mort.
SartreL'Homme est projetMais l'Homme n'est pas un animal : sa liberté est sa capacité à se projeter dans le futur. « L'existence précède l'essence » : il n'a pas d'identité figée, il se tient hors de lui (ex-sistere).
Aporie
Difficulté logique sans issue apparente, contradiction qui bloque la pensée. Le temps en est une (Saint Augustin).
Stoïcisme
École antique (Marc Aurèle, Épictète) : se concentrer sur ce qui dépend de nous, accepter le reste, vivre le présent → atteindre la sérénité.
Carpe diem
« Cueille le jour » : profiter de l'instant présent sans se laisser ronger par le passé ou le futur (sagesse antique).
« L'existence précède l'essence »
Sartre : contrairement à un objet fabriqué, l'Homme existe d'abord puis se définit par ses choix. Il n'a pas d'essence donnée.
Projet
Sartre : l'être humain est toujours tourné vers ce qu'il n'est pas encore (le futur). Se projeter = ne pas être figé dans une identité.
Essence / existence
Essence : ce qui définit une chose (sa fonction). Existence : le fait d'être là. Chez Sartre, l'humain existe avant d'avoir une essence.
La culture

La Religion

La religion est-elle nécessaire ? Quelle est sa fonction dans la société ? L'espoir qu'elle donne n'est-il pas une illusion ?

Définition — le lien

Religion vient du latin « religare » = relier. Ce lien est double : la transcendance (lien vertical avec Dieu, ce qui est extérieur et supérieur à moi) et l'immanence (lien horizontal entre les hommes, via des rites et des croyances communes).

Deux besoins : la religion répond à un besoin social (relier les hommes) et à un besoin existentiel (donner un sens, de l'espoir).
Religion, morale et illusion
AuteurThèseIdée clé
KantPas besoin de Dieu pour la moraleLa morale est rationnelle, on n'a pas besoin de la religion pour la fonder. Mais la religion renforce le moral en postulant Dieu, l'immortalité de l'âme et la liberté → espoir du Souverain Bien.
FreudReligion = illusionLa religion intériorise une censure (le Surmoi) : « si tu ne respectes pas la loi du groupe, Dieu te punira ». Elle renforce la culpabilité (désirs, sexualité) → une illusion réconfortante qui finit par produire la névrose obsessionnelle.
Religare
Racine latine de « religion » : relier. La religion est un lien — entre l'homme et Dieu, et entre les hommes.
Transcendance
Ce qui est extérieur et supérieur à l'homme, le dépasse (Dieu). Lien vertical. S'oppose à l'immanence.
Immanence
Ce qui reste à l'intérieur du monde, des hommes (les rites, les croyances partagées). Lien horizontal entre les croyants.
Surmoi
Freud : instance de l'esprit qui intériorise les interdits sociaux et moraux (« le flic intérieur »). Né en partie de la religion. Source de culpabilité.
Souverain Bien (Kant)
Le bonheur véritable, mérité par la vertu. Comme il n'est pas garanti ici-bas, la religion donne l'espoir d'y accéder (postulat de la raison pratique).
Illusion (Freud)
Croyance commandée par le désir (et non la réalité). La religion est une illusion réconfortante qui peut dégénérer en névrose obsessionnelle (rituels, TOC).
La culture

L'Art

Qu'est-ce qui distingue l'art de la technique ? Que cherche l'artiste à exprimer dans son œuvre ?

Distinguer l'art de la technique (Kant)

Au sens large, l'art = la « technè » grecque, un savoir-faire. Mais Kant distingue l'art de la technique par deux critères :

1. L'œuvre d'art n'est pas fonctionnelle (≠ objet technique qui a une fonction). Le canapé Ikea doit être agréable (on s'assoit dessus) ; le canapé-bouche de Dali est beau (on le contemple). Le beau est désintéressé.

2. Le génie créatif. L'artisan respecte des règles déterminées d'avance ; l'artiste bouleverse les règles (le cubisme de Picasso, La Femme qui pleure).

Qu'exprime l'artiste ?
AuteurThèseIdée clé
BergsonL'art exprime l'ineffableL'ineffable = une pensée si profonde qu'aucun mot ne peut l'exprimer. Le langage ne dit que des généralités ; l'œuvre dit le singulier (mille mélancolies différentes : Nirvana ≠ Stromae).
FreudL'art = sublimationL'art permet d'exprimer nos désirs refoulés et nos traumatismes : la sublimation, une forme de thérapie. Kurt Cobain exorcise ses troubles dans sa musique.
Technè
Mot grec pour l'art au sens large : un savoir-faire, une maîtrise technique (le menuisier comme le sculpteur).
Beau / agréable (Kant)
L'agréable plaît aux sens et a une fonction (le canapé Ikea). Le beau est désintéressé : on le contemple pour lui-même, à distance (l'œuvre d'art).
Génie (Kant)
Capacité de l'artiste à créer du nouveau en bouleversant les règles, là où l'artisan se contente de les appliquer.
Ineffable (Bergson)
Ce qui ne peut pas être dit par des mots, car trop profond et singulier. L'art parvient à l'exprimer là où le langage échoue.
Sublimation (Freud)
Transformation d'une pulsion (désir refoulé, souffrance) en une création socialement valorisée (œuvre d'art). Forme de thérapie.
Œuvre d'art
Production singulière, non fonctionnelle, destinée à être contemplée. Exprime quelque chose d'unique (≠ généralité du langage).
La culture

Le Travail

Le travail n'est-il qu'une souffrance, ou aussi ce qui nous humanise ? Pourquoi peut-il devenir aliénant ?

Définition — souffrance et nécessité

Le travail désigne une activité professionnelle mais aussi toute transformation d'un matériau brut (en ce sens, élever des enfants est un travail). C'est une activité nécessaire de l'Homme.

Citation : le travail est associé depuis toujours à la souffrance — dans la Bible : « C'est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain. »
Le travail humanise (Hegel) ... mais peut aliéner (Marx)
AuteurThèseIdée clé
HegelLe travail nous humaniseIl permet de dépasser l'animal (qui a un rapport immédiat à la nature). À partir d'une idée, l'Homme transforme la nature et se reconnaît dans son œuvre : c'est l'objectivation de l'esprit dans la matière.
MarxLe travail peut aliénerQuand l'ouvrier ne se reconnaît plus dans le produit (gestes répétitifs à la chaîne), le travail devient aliénation = déshumanisation. Double : le patron exproprie aussi la plus-value.
Objectivation (Hegel)
Le travailleur extériorise son esprit dans la matière : en contemplant l'objet fabriqué, il s'y reconnaît. Le travail révèle l'humanité de l'Homme.
Rapport immédiat / médiat
L'animal a un rapport immédiat (direct) à la nature : la vache mange l'herbe. L'Homme a un rapport médiat : il transforme la nature avant d'en user.
Aliénation (Marx)
Situation où le travailleur, soumis à une tâche qui lui échappe, ne se reconnaît plus dans son travail : il est dépossédé de lui-même, déshumanisé.
Plus-value
Marx : valeur créée par l'ouvrier au-delà de son salaire, empochée par le capitaliste. L'ouvrier est payé pour survivre, le patron garde les bénéfices.
Travail
Activité de transformation de la nature et de soi-même. À la fois source de souffrance et moyen, pour l'Homme, de s'accomplir et de se cultiver.
Déshumanisation
Perte de ce qui fait l'humanité dans le travail aliéné : l'ouvrier devient un rouage privé de liberté et de reconnaissance.
La culture

La Technique

La technique est-elle le propre de l'Homme ? En quoi la technique peut-elle être dangereuse ?

La technique, propre de l'Homme

La technique = un ensemble de moyens pour réaliser un but. Combinée à la science, on parle de technologie.

AuteurThèseIdée clé
PlatonMythe de ProméthéeL'Homme est le plus faible des animaux, mais grâce à la technique volée aux dieux par Prométhée, il devient supérieur à tous.
AristoteLa main + l'intelligenceL'Homme n'a ni force ni cuir épais, mais des mains et de l'intelligence. La main est « l'outil qui permet de fabriquer des outils ». L'animal est prisonnier de son instinct.
MarxLa technique pense« Ce qui distingue le plus mauvais architecte de l'abeille, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche » : la technique humaine fait appel à l'intelligence.
Le danger de la technique (Heidegger)

Heidegger : la technique moderne a tendance à considérer la nature comme un stock de ressources disponibles — c'est l'arraisonnement de la nature (ex : emmurer un fleuve dans du béton pour un barrage). L'intelligence technique peut devenir un outil de domination dévastateur.

Technique / technologie
Technique : ensemble de moyens pour atteindre un but. Technologie : technique couplée à la science.
Mythe de Prométhée
Platon : Prométhée vole le feu (la technique) aux dieux pour compenser la faiblesse de l'Homme. La technique répare un manque naturel.
La main (Aristote)
« L'outil des outils » : la main, couplée à l'intelligence, permet à l'Homme de fabriquer une infinité d'outils et de s'adapter (polyvalence).
Arraisonnement (Heidegger)
Manière dont la technique moderne « somme » la nature de livrer ses ressources, la réduisant à un stock exploitable. Danger pour la nature et l'humanité.
Outil
Moyen artificiel prolongeant l'action humaine. L'Homme, contrairement à l'animal, invente sans cesse de nouveaux outils.
Polyvalence
Capacité de l'Homme (via l'intelligence et la main) à résoudre des problèmes nouveaux et variés, là où l'animal est enfermé dans son instinct.
La culture

Le Langage

Les animaux ont-ils un langage comme nous ? Peut-on penser sans langage ?

Langage humain vs langage animal

Le langage = un système de signes qui associe des mots pour communiquer. Les animaux communiquent aussi (la danse des abeilles).

AuteurThèseIdée clé
DescartesDifférence de natureLe langage animal n'exprime que des besoins corporels (faim, danger). Le langage humain exprime l'esprit. Même le bonobo Kanzi (1000 signes) n'exprime que des besoins.
Dominique LestelParler ≠ avoir à dire« Les animaux peuvent parler mais ils n'ont rien à dire » : pas d'histoires, pas d'abstraction. Leur cri (singe vervet) déclenche une action, jamais un dialogue.
Peut-on penser sans langage ?
AuteurThèseIdée clé
HegelNon« Une pensée sans langage serait une pensée obscure. » Le langage rend la pensée objective : la mettre en mots, c'est l'exposer aux autres et la rendre réelle. L'ineffable = le degré le plus bas de la pensée.
FreudLangage = thérapieLe langage permet aussi d'exprimer l'inconscient : sur le divan, parler sans censure soulage. Affronter ses angoisses en les disant les rend plus légères.
Attention au piège : pour Hegel, l'ineffable est le degré le plus obscur de la pensée ; pour Bergson (cf. L'Art), au contraire, c'est une pensée trop profonde que seul l'art exprime.
Langage
Système de signes permettant de communiquer et d'exprimer une pensée. Propre à l'Homme selon Descartes (l'animal n'a que des signaux).
Signe
Élément (mot, son, geste) qui renvoie à autre chose que lui-même (un sens). Le langage est un système de signes.
Signal (animal)
Cri qui déclenche une réaction immédiate (le vervet alerte d'un danger) mais n'ouvre pas un dialogue. À distinguer du langage humain.
Pensée objective (Hegel)
Pensée mise en mots, donc communicable et « réelle ». Pour Hegel, sans langage la pensée reste subjective, floue, obscure.
Ineffable
Ce qui ne peut être dit. Degré le plus bas de la pensée pour Hegel ; au contraire, pensée trop profonde pour les mots chez Bergson.
Généralité du langage
Le langage ne dit que des catégories générales (« amour », « tristesse ») et manque le singulier de chaque expérience vécue.
La culture

La Nature

L'Homme se définit-il par sa capacité à dépasser et transformer la nature ? Quel équilibre entre nature et culture ?

Les sens de « nature »

1. L'ensemble des choses physiques et vivantes qui existent indépendamment de l'Homme (non fabriquées).

2. Au sens étymologique, « natura » = la naissance : la puissance créatrice qui produit la vie. Les Grecs parlent de « Cosmos » : un monde ordonné, une harmonie que l'humain risque de dérégler.

Nature et culture

Le naturel = ce qui est inné (s'alimenter, se reproduire). La culture = ce qui est acquis par transmission (langage, technique, art, religion). L'Homme est un être de culture : il évolue par la transmission d'un savoir.

AuteurThèseIdée clé
TomaselloSavoir cumulatifChez l'Homme, le savoir s'accumule de génération en génération : aucun individu ne pourrait réinventer un smartphone. Les macaques de Koshima transmettent un savoir, mais non cumulatif.
FreudMaîtriser sa natureL'Homme modifie aussi sa propre nature en maîtrisant ses pulsions (Surmoi). Mais une censure excessive est dangereuse (Malaise dans la Culture) : la violence refoulée finit par exploser.
À retenir : un équilibre est à trouver entre nature et culture. Trop dominer la nature → catastrophes écologiques ; trop censurer ses désirs → explosion de violence.
Nature
Ce qui existe et se produit sans l'intervention de l'Homme. Aussi : la puissance créatrice (natura = naissance).
Culture
Tout ce que l'Homme acquiert et transmet (langage, savoirs, techniques, arts, religion), par opposition à ce qui est inné.
Inné / acquis
Inné : présent dès la naissance (instinct). Acquis : appris par l'expérience et la transmission (culture). L'Homme se définit surtout par l'acquis.
Cosmos
Conception grecque de la nature comme un tout ordonné et harmonieux. L'action humaine est vue comme un risque de dérèglement de cet ordre.
Savoir cumulatif (Tomasello)
Propre à l'humain : les savoirs s'additionnent et progressent au fil des générations, dépassant les capacités d'un seul individu.
Malaise dans la culture (Freud)
La civilisation exige de réprimer les pulsions ; mais une répression excessive accumule une violence qui risque d'exploser (ex : guerres).
La raison & le réel

La Raison

Faut-il accorder autant d'importance à notre rationalité ? La raison a-t-elle des limites ?

Définition

La raison = le principe explicatif. La rationalité s'oppose à l'imagination : elle fait appel à un raisonnement logique (le volcan entre en éruption parce que le magma remonte). La raison s'oppose aussi à nos désirs : on dit alors qu'on est raisonnable (la raison sur le plan moral).

Les Lumières (Kant)

Au 18ᵉ siècle, les Lumières combattent l'irrationalité et l'obscurantisme. Kant : l'Homme des Lumières est celui qui parvient à sortir de l'enfance — « Sapere aude » = ose penser par toi-même. La plupart des gens, par paresse ou lâcheté, préfèrent se soumettre à des autorités qui pensent à leur place. Avoir le courage de suivre sa raison, c'est devenir libre.

Peut-on prouver Dieu ? Les limites de la raison
AuteurThèseIdée clé
DescartesOn peut prouver DieuArgument ontologique : j'ai en moi l'idée de Dieu (un être parfait) ; or un être parfait qui n'existerait pas ne serait pas parfait, donc Dieu existe nécessairement.
KantC'est un sophismeAucun raisonnement logique ne peut démontrer l'existence d'une chose : il faut l'expérience des cinq sens. La métaphysique (Dieu, l'âme) ne démontre rien et aboutit à des antinomies.
Limites de la raison : qui a causé le Big Bang ? S'il faut un Dieu cause de tout, qui a créé Dieu ? La raison échoue quand elle réfléchit au-delà de toute expérience possible.
Rationalité
Usage de la raison comme raisonnement logique, qui s'oppose à l'imagination et explique les phénomènes par des causes.
Raisonnable
La raison sur le plan moral : savoir maîtriser ses désirs, agir avec mesure. Être rationnel + raisonnable, c'est être libre (Kant).
Lumières / « Sapere aude »
Mouvement du 18ᵉ s. valorisant la raison contre l'obscurantisme. « Ose penser par toi-même » : sortir de la minorité où l'on laisse les autres penser pour soi.
Argument ontologique
Preuve de Dieu par la seule idée : l'idée d'un être parfait impliquerait son existence. Rejeté par Kant (l'existence ne se déduit pas d'un concept).
Métaphysique
Discipline qui s'interroge sur les causes profondes de ce qui existe (Dieu, l'âme, la liberté). Pour Kant, elle ne peut rien démontrer.
Antinomies (Kant)
Contradictions où la raison démontre une thèse et son contraire (ex : le monde a-t-il un commencement ?). Signe que la raison dépasse ses limites.
La raison & le réel

La Vérité

Qu'est-ce qu'un énoncé vrai ? Comment distinguer la science des pseudosciences ?

Les trois définitions de la vérité

Vérité-cohérence (formelle) — un énoncé est vrai s'il ne se contredit pas, s'il est cohérent (logique, maths). Insuffisant : cohérent ne veut pas dire conforme au réel.

Vérité-adéquation — un énoncé est vrai s'il correspond à la réalité (« le ciel est bleu » est vrai si le ciel est bleu).

Vérité-évidence — une vérité qu'on peut démontrer mais qui repose sur des axiomes : des principes simples, évidents, admis sans démonstration (Euclide).

La science combine ces trois formes — et y ajoute l'expérience (Galilée + la lunette astronomique).
Science vs pseudoscience (Popper)

Karl Popper : le discours scientifique se reconnaît à son courage, car il s'expose à la réfutation. Quand la science annonce une éclipse, elle est réfutable (s'il n'y en a pas, elle s'est trompée). L'astrologue, lui, ne s'expose à aucun risque. Une pseudoscience (astrologie) ou la religion ne sont jamais réfutables : elles trouvent toujours une échappatoire.

Critère de démarcation : la réfutabilité (ou falsifiabilité) distingue une vraie théorie scientifique d'une pseudoscience. Seule la science accepte d'être réfutée → elle progresse.
Vérité-cohérence
Vérité formelle : un énoncé est vrai s'il est logiquement cohérent (sans contradiction). Vaut en maths, mais ne garantit pas l'accord avec le réel.
Vérité-adéquation
Un énoncé est vrai s'il correspond à la réalité. C'est la définition la plus courante de la vérité (adæquatio).
Vérité-évidence
Vérité qui s'impose d'elle-même, sans démonstration possible. Repose sur des axiomes (principes premiers évidents).
Axiome (Euclide)
Proposition de départ évidente, admise sans démonstration, sur laquelle on fonde les autres (ex : par deux points passe une droite).
Réfutabilité / falsifiabilité
Popper : une théorie est scientifique si elle peut, en principe, être contredite par l'expérience. Critère qui sépare science et pseudoscience.
Pseudoscience
Discipline qui prétend être scientifique sans l'être (astrologie). Elle ne s'expose jamais à la réfutation : impossible de la prouver fausse.
La raison & le réel

La Science

Qu'est-ce qui caractérise la science moderne ? Les technosciences représentent-elles un danger ?

De la science antique à la science moderne

Dans l'Antiquité, la science est un savoir démonstratif qui se distingue de la simple opinion (doxa). Pour Aristote, elle consiste surtout à faire des raisonnements.

La science moderne est focalisée sur l'expérience. À partir de Galilée (17ᵉ s.), l'expérimentation devient systématique et se couple à la technique : ce sont les technosciences. S'y ajoute la mathématisation du réel.

3 paramètres du progrès scientifique en Europe : l'expérience + le couplage science / technique + la mathématisation du réel.
La science est-elle neutre ?
PositionThèseIdée clé
Science neutreUn simple moyenLa science est un moyen qui peut servir au meilleur (remède) comme au pire (bombe). Tout dépend de la finalité recherchée. Distinction moyen / fin.
HeideggerPas neutreLes technosciences produisent une nouvelle vision du monde. Descartes : « nous rendre comme maîtres et possesseurs de la Nature ». Réduite à des équations, la nature devient exploitable, voire détruite (élevage industriel).
Le rôle de l'artiste : Heidegger insiste sur l'artiste qui nous réapprend à contempler la nature. Van Gogh peint Le Champ de blé aux corbeaux : il dévoile une autre vérité que celle des technosciences. Vérité = alètheia (dé-voilement).
Doxa / opinion
Opinion non fondée (« moi je pense que… »), sans argument ni preuve. La science s'en distingue comme savoir démontré.
Technosciences
Science moderne couplée à la technique : l'expérimentation s'appuie sur des instruments (lunette, accélérateur). Galilée en est le point de départ.
Mathématisation du réel
Décrire la nature par des équations (ce qui compte, c'est de pouvoir mesurer). Caractéristique de la science moderne.
Moyen / fin
Moyen : ce qui rend possible quelque chose. Fin : le but recherché. La science serait un moyen neutre, dont la valeur dépend de la fin.
Maîtres et possesseurs de la nature
Descartes : la science doit nous rendre maîtres de la nature. Heidegger y voit le danger d'une domination qui réduit la nature à un stock.
Alètheia (Heidegger)
Mot grec pour la vérité : un « dé-voilement ». L'artiste dévoile la nature autrement que la science qui la décompose.
La morale & la politique

Le Devoir

Obligation n'est pas contrainte. La morale est-elle relative, ou peut-elle être universelle ?

Deux sens du devoir

La nécessité — si je veux une omelette, je dois casser des œufs.

L'obligation (morale) — je suis libre de faire un choix (les élèves ne doivent pas tricher, mais sont libres d'obéir ou non).

Obligation ≠ contrainte : dans une obligation morale, j'ai toujours le choix. C'est pourquoi la morale est proprement humaine (seul l'humain a une conscience morale).
La morale est-elle relative ?
AuteurThèseIdée clé
SartreLiberté radicaleChaque individu est fondamentalement libre : aucune morale extérieure ne s'impose, c'est toujours moi qui décide. Le soldat qui dit « j'étais obligé » est de mauvaise foi : il nie sa liberté.
KantMorale universelleLa morale est universelle car rationnelle (comme 2+2=4). Il faut mettre ses inclinations de côté pour suivre la raison. Impératif catégorique : « agis de sorte que ton action puisse devenir une loi universelle ».
FreudMorale universelle = inhumaineUne morale entièrement rationnelle (Kant) n'est pas souhaitable : on n'aime pas les gens de façon universelle (on privilégie ses proches). Et il faut se méfier du Surmoi qui censure.
Obligation / contrainte
La contrainte me force physiquement (je n'ai pas le choix). L'obligation morale me laisse libre d'obéir ou non : c'est un devoir, pas une force.
Morale
Ensemble des normes et règles relatives au bien et au mal, propres à une société ou un groupe. Définit des conduites à tenir.
Impératif catégorique (Kant)
Règle morale inconditionnelle : « agis de telle sorte que la maxime de ton action puisse être érigée en loi universelle ». Vaut pour tous, sans exception.
Inclinations (Kant)
Nos penchants, désirs, affects. Pour Kant, une action n'est morale que si elle suit le devoir rationnel, et non l'inclination ou l'intérêt.
Mauvaise foi (Sartre)
Se mentir pour fuir sa responsabilité morale (« je n'avais pas le choix »). Nier sa liberté est, pour Sartre, une faute.
Relativisme moral
Thèse selon laquelle le bien et le mal varient selon les sociétés et les époques. Kant s'y oppose (morale universelle car rationnelle).
La morale & la politique

La Justice

Le droit positif suffit-il à définir le juste ? Quels sont les véritables critères de la justice ?

Droit positif et droit naturel

Droit positif — la justice au sens de la légalité : ce qui est conforme aux codes de lois posés par les hommes. Le légal (conforme au droit positif) ≠ le légitime (conforme à la morale).

Droit naturel — un droit universel que tous les humains possèdent, supérieur au droit positif (ne pas tuer, ne pas voler), même sans loi écrite.

Exemple : les lois antisémites de Nuremberg étaient légales sous le régime nazi, mais pas légitimes. Le droit positif ne suffit donc pas à dire le juste. Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »
Les véritables critères de la justice
AuteurCritèreIdée clé
MarxL'égalitéLa violence de l'histoire vient des rapports de domination entre classes. Le capitaliste exploite le prolétaire (qui ne possède que sa force de travail). Il faut la révolution → une société sans classe.
NozickLa liberté individuelleLibertarien : tant que l'ouvrier a librement signé son contrat, on ne peut rien redistribuer de force. Prendre la moitié des revenus de Mbappé = du travail forcé.
Droit positif
Ensemble des lois effectivement posées par une société (code pénal, code civil…). La justice au sens de la légalité.
Droit naturel
Droit universel, valable pour tous les humains indépendamment des lois écrites, et supérieur au droit positif. Norme morale (ne pas tuer…).
Légal / légitime
Légal : conforme à la loi en vigueur. Légitime : conforme à la morale/justice. Une loi peut être légale sans être légitime (lois de Nuremberg).
Justice (Pascal)
Pascal souligne la relativité du droit positif : les lois changent selon les frontières et les époques (cannabis interdit en France, autorisé ailleurs).
Égalité (Marx)
Pour Marx, le vrai critère du juste : mettre fin aux rapports de domination entre les hommes (capital / travail) dans une société sans classe.
Liberté individuelle (Nozick)
Pour le libertarien Nozick, la justice = respecter la liberté de chacun de s'enrichir ; toute redistribution forcée par l'État est illégitime.
La morale & la politique

L'État

Pourquoi avons-nous renoncé à nos libertés individuelles pour nous soumettre à un État ?

Définition

L'État = l'ensemble des institutions qui organisent la société (administrations politiques, juridiques, administratives) et exercent une autorité sur les individus.

Le contrat social
AuteurThèseIdée clé
HobbesÉtat absolu nécessaireÀ l'état de nature (sans autorité), c'est la guerre de tous contre tous. Les hommes concluent un contrat social et transfèrent leurs droits à un souverain au pouvoir absolu (le roi) pour avoir la paix.
RousseauSouveraineté du peupleSi l'État a un pouvoir absolu, le peuple en devient l'esclave. « L'Homme est né libre, et partout il est dans les fers. » Il faut se soumettre non au roi mais à la Volonté générale (le bien commun) = à soi-même.
P. ClastresSociétés sans ÉtatChez les Guayakis, le chef n'a aucun pouvoir et il n'y a pas d'inégalités. Mais la loi est inscrite dans le corps par des rites initiatiques douloureux.
« L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté. » — Rousseau
État
Ensemble des institutions (politiques, juridiques, administratives) qui organisent une société et détiennent l'autorité sur un territoire.
État de nature
Fiction théorique : la vie des hommes hors de toute autorité politique. Pour Hobbes, une guerre de tous contre tous ; pour Rousseau, un état de liberté.
Contrat social
Pacte par lequel les individus fondent l'autorité politique. Soumission à un souverain (Hobbes) ou association d'hommes libres (Rousseau).
Souverain (Hobbes)
Celui qui détient l'autorité politique. Chez Hobbes, il reçoit un pouvoir absolu pour garantir la paix et empêcher le retour à la guerre.
Volonté générale (Rousseau)
La volonté du peuple orientée vers le bien commun (≠ somme des intérêts particuliers). Obéir à la loi qu'on s'est donnée, c'est rester libre.
Sociétés sans État (Clastres)
Sociétés où le chef n'a pas de pouvoir de contrainte et où n'existent pas d'inégalités fortes : l'État n'est pas une nécessité universelle.
Auteurs

Les Philosophes

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Flashcards — Auteurs & Thèses

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Descartes
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🧠 Le sujet — conscience, liberté, bonheur, temps
Conscience réflexive
Pouvoir se regarder soi-même de l'extérieur, comme dans un miroir, et se dire « tiens, je suis en train de penser ça ». Un animal vit ses émotions ; toi, tu peux les observer. C'est ça qui te rend humain.
Cogito
« Je pense donc je suis » (Descartes). Même si tout était un rêve ou une illusion, il y a un truc impossible à nier : si tu es en train de douter, c'est que tu penses, donc que tu existes.
Inconscient
La partie cachée de ton cerveau (genre l'iceberg sous l'eau) : des désirs et des souvenirs refoulés qui te font agir sans que tu le saches. Freud : « le moi n'est pas maître dans sa propre maison ».
Libre arbitre
Le pouvoir de choisir vraiment par toi-même, sans que rien ne t'y force. LA grande question : est-ce qu'on l'a pour de vrai, ou c'est une illusion ?
Déterminisme
L'idée que TOUT a une cause, même tes choix (tes gènes, ton éducation, ton passé). Ni hasard ni libre arbitre. Spinoza : on se croit libres juste parce qu'on ignore ce qui nous pousse.
Existentialisme
Sartre : t'es pas livré avec une notice ni une nature fixée d'avance. Tu existes d'abord, et tu te construis ensuite par tes choix. Donc t'es responsable de qui tu deviens.
Mauvaise foi
Sartre : se mentir à soi-même pour fuir ses responsabilités, genre « j'avais pas le choix » ou « c'est ma nature ». En vrai, t'avais le choix.
Ataraxie
Le calme total dans la tête, zéro stress. C'est LE but du bonheur pour Épicure (avec l'aponie, le calme du corps).
Aponie
Zéro douleur dans le corps. Avec l'ataraxie (le calme de l'esprit), ça forme le bonheur selon Épicure.
Plaisirs cinétiques / catastématiques
Épicure : cinétiques = les kiffs intenses mais qui retombent (la fête, la drogue) ; catastématiques = les plaisirs calmes et stables (l'amitié, être en paix). Ce sont ces derniers qui rendent vraiment heureux.
Stoïcisme
École antique (Marc Aurèle) : concentre-toi sur ce qui dépend de toi, accepte le reste, et vis le présent. Résultat : la sérénité.
« L'existence précède l'essence »
Sartre : un objet (un couteau) est fabriqué pour une fonction décidée d'avance. Toi non : tu existes d'abord, sans mode d'emploi, et c'est à toi de décider qui tu es.
Aporie
Un casse-tête sans issue, une contradiction qui bloque le cerveau. Ex : le temps (le passé n'existe plus, le futur pas encore… alors c'est quoi ?).
🎭 La culture — religion, art, travail, technique, langage, nature
Transcendance / immanence
Transcendance : ce qui est AU-DESSUS de nous et nous dépasse (Dieu) — un lien vertical. Immanence : ce qui reste ICI, entre les humains (les rites, les fêtes, les croyances partagées) — un lien horizontal.
Surmoi
Freud : le « flic intérieur ». C'est la voix des interdits de tes parents et de la société, gobés tout petit, qui te file la culpabilité quand tu déconnes.
Sublimation
Freud : transformer un désir interdit ou une souffrance en un truc accepté et cool (genre une œuvre d'art). Une soupape pour évacuer ce qu'on a refoulé.
Technè
Mot grec pour « art » au sens large : un savoir-faire, une maîtrise technique (un menuisier a une technè).
Beau / agréable (Kant)
Kant : l'agréable te fait du bien et sert à un truc (un canapé Ikea confortable). Le beau, tu le kiffes pour rien, juste pour le contempler (une œuvre d'art). Le beau est « gratuit ».
Génie (Kant)
Le don de l'artiste de créer du jamais-vu en cassant les règles, là où l'artisan, lui, se contente de suivre la recette.
Ineffable
Ce qui se ressent mais ne se dit pas avec des mots. Pour Bergson, c'est trop profond pour le langage (seul l'art y arrive) ; pour Hegel, au contraire, c'est juste une pensée encore floue.
Objectivation (Hegel)
Quand tu fabriques un truc, tu mets un bout de ton esprit dans la matière et tu te reconnais dans le résultat. Le travail te révèle à toi-même.
Aliénation (Marx)
Quand ton boulot te dépossède de toi-même : gestes répétitifs, produit volé par le patron, tu deviens un rouage sans âme. Tu ne te reconnais plus dans ce que tu fais.
Plus-value (Marx)
La richesse que tu crées EN PLUS de ton salaire, et que le patron empoche. En gros : tu produis 100, on te paie 30, le boss garde 70.
Arraisonnement (Heidegger)
Quand la technique moderne voit la nature juste comme un « stock » à exploiter (un fleuve = de l'énergie, une forêt = du bois). On oublie qu'elle est autre chose.
Mythe de Prométhée
Platon : l'homme naît tout faible et nu, alors Prométhée vole le feu (la technique) aux dieux pour qu'il puisse survivre. La technique compense nos faiblesses.
Nature / culture
Nature = ce avec quoi tu nais (l'instinct). Culture = ce que tu apprends et qu'on te transmet (la langue, les techniques, l'art). L'humain est surtout fait de culture.
Savoir cumulatif (Tomasello)
Propre à l'humain : les connaissances s'empilent de génération en génération. Personne tout seul ne pourrait réinventer un smartphone — on profite de millions d'inventions accumulées.
Pensée objective (Hegel)
Une pensée mise en mots devient claire, partageable et « réelle ». Tant que ça reste juste dans ta tête sans mots, c'est flou.
🔭 La raison & le réel — raison, vérité, science
Rationalité / raisonnable
Rationnel = raisonner avec logique (≠ imaginer n'importe quoi). Raisonnable = la sagesse, savoir se maîtriser (ne pas céder à toutes ses envies).
Lumières / « sapere aude »
Mouvement du 18ᵉ s. qui mise tout sur la raison contre les croyances et la bêtise. Le slogan de Kant : « sapere aude » = ose penser par toi-même au lieu de laisser les autres penser à ta place.
Argument ontologique
La tentative de Descartes de PROUVER Dieu juste avec une idée : « j'ai l'idée d'un être parfait ; or un truc parfait qui n'existe pas ne serait pas parfait → donc Dieu existe ». Kant dit que c'est un raisonnement bidon.
Métaphysique
La partie de la philo qui s'attaque aux grandes questions invisibles (Dieu, l'âme, la liberté, le sens de tout). Pour Kant, on ne peut rien y prouver pour de vrai.
Antinomies (Kant)
Quand la raison arrive à prouver une chose ET son contraire (ex : l'univers a-t-il un début ?). Signe qu'elle va trop loin, là où l'expérience ne peut plus vérifier.
Sophisme
Un raisonnement qui a l'air vrai mais qui est faux (un piège logique). Kant traite l'argument ontologique de Descartes de sophisme.
Vérité-cohérence
Un énoncé est « vrai » juste parce qu'il ne se contredit pas (comme en maths). Problème : être logique ne veut pas dire coller à la réalité.
Vérité-adéquation
Un énoncé est vrai s'il colle à la réalité. « Le ciel est bleu » est vrai si… le ciel est bleu. La définition la plus simple de la vérité.
Vérité-évidence / axiome
Une vérité tellement évidente qu'on n'a pas besoin de la démontrer : un axiome (ex : « par deux points ne passe qu'une seule droite »). On part de là pour démontrer le reste.
Réfutabilité / falsifiabilité
Popper : une vraie science doit pouvoir, en théorie, être prouvée FAUSSE par une expérience. Si rien ne peut la contredire (l'astrologie a réponse à tout), c'est pas de la science, c'est du flan.
Doxa
L'opinion balancée sans preuve (« moi je pense que… »). La science, elle, démontre — c'est ce qui la sépare de la doxa.
Technosciences
La science moderne mélangée à la technique : on n'observe plus juste, on fait des expériences avec des machines (lunette, accélérateur). Ça démarre avec Galilée.
Alètheia (Heidegger)
Le mot grec pour « vérité » : un « dévoilement », quand une chose se montre enfin telle qu'elle est. L'artiste nous la dévoile autrement que la science.
⚖️ La morale & la politique — devoir, justice, État
Obligation / contrainte
La contrainte te FORCE physiquement (t'as pas le choix). L'obligation morale te laisse libre d'obéir ou pas (on « ne doit pas » tricher… mais on peut). La morale, c'est de l'obligation, pas de la contrainte.
Impératif catégorique (Kant)
La règle en or de Kant : « agis seulement si tu accepterais que TOUT LE MONDE fasse pareil ». Pas d'exception, pas de « ça dépend ».
Inclinations (Kant)
Tes envies, tes émotions, tes coups de cœur. Pour Kant, une action n'est morale que si tu la fais par devoir, pas juste parce que t'en avais envie.
Relativisme moral
L'idée que le bien et le mal changent selon les pays et les époques (pas de morale universelle). Kant n'est pas d'accord : pour lui la morale est la même pour tous, car elle est rationnelle.
Droit positif
Les lois écrites pour de vrai par une société (Code pénal, Code civil…). C'est « ce qui est légal », point.
Droit naturel
Des règles valables pour TOUS les humains, partout, même sans loi écrite (genre « ne pas tuer »). C'est au-dessus des lois de chaque pays.
Légal / légitime
Légal = autorisé par la loi. Légitime = juste moralement. Les deux ne vont pas toujours ensemble : les lois nazies de Nuremberg étaient légales… mais pas du tout légitimes.
État de nature
Un scénario imaginaire : les humains AVANT toute société ou gouvernement. Le chaos et la guerre pour Hobbes, un paradis tranquille pour Rousseau.
Contrat social
Le « deal » de départ par lequel les humains acceptent de vivre ensemble sous une autorité : obéir à un chef tout-puissant (Hobbes) ou se faire des lois communes entre gens libres (Rousseau).
Souverain (Hobbes)
Celui qui détient le pouvoir. Chez Hobbes, on lui donne un pouvoir ÉNORME (le Léviathan) en échange de la paix et de la sécurité.
Volonté générale (Rousseau)
Ce que veut le peuple pour le bien de TOUS (pas la somme des intérêts perso). Obéir aux lois qu'on a votées ensemble, c'est obéir à soi-même → donc rester libre.
Justice (Pascal)
Pour Pascal, la justice des hommes n'est pas un absolu : elle change d'un pays à l'autre. « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » (un truc interdit ici est autorisé ailleurs).

Méthode & Sujets Bac

L'épreuve dure 4 h : tu choisis entre 2 dissertations ou 1 explication de texte.

📝 La dissertation

Méthode en 1 phrase : ne réponds pas oui/non, problématise (« dans quelle mesure… ? ») puis construis 2 ou 3 parties qui se répondent, avec des auteurs et des exemples, pour aboutir à une réponse nuancée.

Étapes :
1. Analyser le sujet — définir chaque terme, repérer le paradoxe (le sujet oppose deux idées de bon sens).
2. Problématique — transformer le sujet en problème : « si… alors… mais… ? »
3. Plan dialectique — I. Thèse (la réponse spontanée) → II. Antithèse (l'objection) → III. Dépassement (la nuance).
4. Intro — accroche + définition des termes + problématique + annonce du plan.
5. Conclusion — réponse claire à la question + ouverture.

Piège à éviter : réciter le cours sans répondre à la question. Chaque auteur doit servir l'argument, pas l'inverse.

🔍 L'explication de texte

Méthode en 1 phrase : dégage la thèse de l'auteur et le problème auquel il répond, puis explique pas à pas comment il argumente (les étapes du texte), en éclairant les termes difficiles.

Structure :
1. Thèse — quelle idée l'auteur défend-il ? À quelle question répond-il ?
2. Étapes — découper le texte en moments logiques et expliquer chacun (le « comment » de l'argumentation).
3. Concepts — définir précisément les termes-clés de l'auteur.
4. Enjeu — pourquoi cette thèse est-elle importante ? que rejette-t-elle ?
⚠️ Ne donne pas ton avis : tu expliques, tu ne juges pas (sauf brève discussion finale si demandée).
🎯 Sujets types par notion
NotionSujet possibleAuteurs à mobiliser
ConscienceLa conscience nous trompe-t-elle sur nous-mêmes ?Descartes, Sartre, Freud
LibertéSommes-nous vraiment libres ?Sartre, Spinoza, Kant
BonheurFaut-il satisfaire tous ses désirs pour être heureux ?Épicure, Rousseau, Kant
ArtL'art n'est-il qu'un divertissement ?Kant, Bergson, Freud
TravailLe travail n'est-il qu'une contrainte ?Hegel, Marx
TechniqueLa technique nous libère-t-elle ?Platon, Aristote, Heidegger
LangageLe langage trahit-il la pensée ?Hegel, Bergson, Descartes
RaisonLa raison peut-elle tout expliquer ?Kant, Descartes
VéritéToute vérité est-elle scientifique ?Popper, Euclide
DevoirLa morale est-elle universelle ?Kant, Sartre, Freud
JusticeLe juste se réduit-il au légal ?Pascal, Marx, Nozick
ÉtatL'État est-il l'ennemi de la liberté ?Hobbes, Rousseau, Clastres
💬 Citations à connaître par cœur

« Je pense donc je suis » — Descartes

« L'homme est condamné à être libre » · « L'existence précède l'essence » — Sartre

« Le moi n'est pas maître dans sa propre maison » — Freud

« La liberté est l'ignorance des causes qui nous déterminent » — Spinoza

« Une pensée sans langage serait une pensée obscure » — Hegel

« Sapere aude » (ose penser par toi-même) — Kant

« L'Homme est né libre, et partout il est dans les fers » — Rousseau

« Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà » — Pascal

« Maîtres et possesseurs de la Nature » — Descartes (cité par Heidegger)

Exercices — QCM

Teste-toi sur les 16 notions et leurs auteurs. Les réponses sont mélangées à chaque chargement.

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Conscience & sujet

Descartes, Sartre, Freud

2

La liberté

Sartre, Spinoza, Kant

3

Le bonheur & le temps

Épicure, Aristote, Rousseau, Marc Aurèle

4

Religion & art

Kant, Freud, Bergson

5

Travail & technique

Hegel, Marx, Aristote, Heidegger

6

Langage & nature

Descartes, Lestel, Hegel, Tomasello

7

Raison, vérité & science

Kant, Descartes, Popper, Heidegger

8

Devoir & justice

Kant, Sartre, Pascal, Marx, Nozick

9

L'État

Hobbes, Rousseau, Clastres

10

Vrai ou Faux ?

Les pièges classiques, sur toutes les notions

11

Associe le philosophe à sa thèse

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