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Terminale — Révision Bac

Sciences Économiques
et Sociales

Économie · Sociologie · Science Politique · 9 chapitres

Économie

Chapitre 1 — Sources et défis de la croissance

Quelles sont les sources et les défis de la croissance économique ?

Les indicateurs clés

PIB — Produit Intérieur Brut. Somme des valeurs ajoutées produites sur un territoire en un an. Mesure la richesse créée.

IDH — Indice de Développement Humain (ONU). Combine PIB/hab, espérance de vie et niveau d'éducation. 0 → 1.

PGF — Productivité Globale des Facteurs. Part de la croissance qui ne vient ni du capital (K) ni du travail (L) → innovation, progrès technique, efficacité.

Croissance = apport du capital (K) + apport du travail (L) + PGF

La croissance a trois moteurs : utiliser plus de capital (K = machines, usines, équipements), plus de travail (L = nombre d'actifs et heures travaillées), et la PGF (produire mieux grâce au progrès technique et à l'efficacité). La PGF est le « résidu de Solow » : ce qui reste une fois retiré l'effet de K et de L. (Dans la formule des manuels, on écrit α·ΔK + β·ΔL + PGF : le Δ veut dire « variation de », et α et β sont le poids de chaque facteur dans l'économie.)

Limites du PIB : n'inclut pas le travail domestique, les inégalités, la qualité de vie, les externalités négatives.
Les théories de la croissance
AuteurThéorieIdée clé
Solow (1956)Croissance exogèneAccumulation du capital + progrès technique exogène (vient de l'extérieur). État d'équilibre → ralentissement.
SchumpeterDestruction créatriceL'innovation détruit les vieux secteurs et en crée de nouveaux. Moteur = entrepreneur innovateur.
Romer / LucasCroissance endogèneProgrès technique endogène : R&D, capital humain, infrastructures → externalités positives.
Les défis de la croissance

Soutenabilité faible (Solow) — substitution possible entre capital naturel et capital physique. La croissance peut continuer si on investit assez.

Soutenabilité forte (Daly) — certains actifs naturels sont irremplaçables (biodiversité, climat). Croissance à redéfinir.

Inégalités de développement — convergence conditionnelle (Solow) : les pays pauvres grandissent plus vite si mêmes conditions. Non confirmée empiriquement dans tous les cas.

À citer : Rapport Meadows (1972) — Limits to Growth. Rapport Brundtland (1987) — développement durable.

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Destruction créatrice
Schumpeter : l'innovation (produit, procédé, marché, organisation) détruit les activités obsolètes et génère de la croissance.
PGF
Part de la croissance non expliquée par les facteurs capital (K) et travail (L). Reflète l'efficacité globale, souvent assimilée au progrès technique.
Capital humain
Ensemble des compétences, connaissances et santé accumulées par les individus (Becker). Facteur de croissance endogène.
Externalité négative
Effet non compensé d'une activité sur un tiers (ex : pollution). Limite du PIB comme mesure du bien-être.
État stationnaire (Solow)
Équilibre de long terme où le capital par tête est constant. Seul le progrès technique permet de sortir de cet état.
Soutenabilité forte
Le capital naturel (biodiversité, climat) est irremplaçable par du capital physique. La croissance doit respecter des limites écologiques.
Économie

Complément — Financement & crises financières

Comment les agents économiques se financent-ils ?

Les deux modes de financement
TypeDéfinitionExemple
InterneAutofinancement = utiliser son épargne propre (bénéfices non distribués)Entreprise qui réinvestit ses profits
Externe intermédiéPasser par une banque qui fait le lien entre épargnants et emprunteursCrédit bancaire
Externe désintermédiéAller directement sur les marchés financiers sans intermédiaire bancaireÉmission d'actions ou d'obligations
Les marchés financiers

Action — titre de propriété d'une part de l'entreprise. Rémunération = dividende + plus-value. Risque élevé.

Obligation — titre de créance. L'entreprise emprunte à un taux fixé. Risque faible mais rendement moindre.

Marché primaire — émission de nouveaux titres. Marché secondaire — échange de titres existants (Bourse).

Titrisation — transformation de créances bancaires en titres négociables. Facteur de risque systémique (crise 2008).
Désintermédiation
Tendance des entreprises à se financer directement sur les marchés plutôt que via les banques (depuis les années 1980).
Aléa moral
Un agent prend plus de risques car il sait qu'il sera protégé des conséquences (ex : banques "too big to fail").
Risque systémique
Risque qu'une défaillance locale se propage à tout le système financier (effet domino). Crise des subprimes 2008.
Taux d'intérêt
Prix du crédit. Si ↑ taux → investissement coûte cher → baisse de la demande de crédit. Outil clé de la politique monétaire.
Économie

Chapitre 6 — Politiques économiques (cadre européen)

Quelles politiques dans le cadre européen ? Carré magique, budgétaire, monétaire.

Le carré magique de Kaldor

4 objectifs simultanés d'une politique économique. En pratique, ils sont souvent contradictoires.

ObjectifIndicateurTension principale
CroissanceTaux de croissance du PIBVs inflation
Plein emploiTaux de chômage < 5%Vs inflation (courbe de Phillips)
Stabilité des prixInflation < 2% (BCE)Vs croissance et emploi
Équilibre extérieurBalance commercialeVs relance interne
Politique budgétaire

Politique de relance (keynésienne) — L'État augmente ses dépenses ou baisse les impôts pour stimuler la demande. Le multiplicateur keynésien amplifie l'effet.

Multiplicateur k = 1 / (1 − c) où c = propension marginale à consommer

Politique d'austérité — Réduction des dépenses publiques pour diminuer la dette. Risque de spirale récessive si trop forte.

Contraintes européennes : Pacte de Stabilité et de Croissance (PSC) — déficit < 3% PIB, dette < 60% PIB. Limite l'autonomie budgétaire des États membres.
Politique monétaire — BCE

Objectif unique : stabilité des prix (inflation ≈ 2%). Indépendance vis-à-vis des États.

Taux directeurs — prix auquel les banques empruntent à la BCE. ↓ taux → crédit moins cher → relance.

Quantitative Easing (QE) — rachat massif de titres sur les marchés pour injecter des liquidités (politique non conventionnelle).

Asymétrie budgétaire/monétaire : la BCE gère UNE politique monétaire pour 20 pays aux situations très différentes. Problème de "taille unique".
Multiplicateur keynésien
1 € de dépense publique génère plus d'1 € de PIB car les revenus versés sont redépensés en chaîne. Le multiplicateur « k » = 1/(1−c), où « c » est la propension à consommer (la part d'un revenu qui est dépensée). Ex. : si c = 0,8, alors k = 5.
Effet d'éviction
La dette publique fait monter les taux d'intérêt → réduit l'investissement privé. Limite de la relance budgétaire.
Politique conjoncturelle
Action à court terme pour stabiliser l'économie (ex : relance en récession). ≠ politique structurelle (long terme).
Courbe de Phillips
Relation inverse entre inflation et chômage (court terme). Stagflation des années 1970 a remis cette relation en cause.
Économie

Chapitre 4 — Commerce international & internationalisation

Commerce international, libre-échange, protectionnisme et intégration européenne.

Les théories du commerce international
AuteurThéorieArgument
Adam SmithAvantages absolusChaque pays produit ce qu'il fait mieux que les autres → spécialisation et échange.
David RicardoAvantages comparatifsMême sans avantage absolu, un pays a intérêt à se spécialiser dans ce qu'il fait relativement mieux.
Heckscher-Ohlin-SamuelsonThéorème HOSUn pays exporte les biens qui utilisent intensément ses facteurs abondants (capital ou travail).
Paul KrugmanCommerce intra-brancheLes économies d'échelle expliquent le commerce entre pays similaires (ex : pays riches s'échangeant des voitures).
Friedrich ListProtectionnisme éducateurProtéger les industries naissantes le temps qu'elles atteignent la compétitivité internationale.
Mondialisation et chaînes de valeur

Chaîne de valeur mondiale (CVM) — fragmentation internationale de la production. Chaque étape dans le pays au coût le plus avantageux.

OMC — Organisation Mondiale du Commerce. Régule les échanges, négocie la baisse des barrières douanières, règle les différends.

Dumping social / fiscal — certains pays attirent les entreprises via de bas salaires ou une fiscalité faible → concurrence déloyale.

Paradoxe de Leontief (1953) : les États-Unis exportaient des biens intensifs en travail qualifié bien qu'étant riches en capital → HOS trop simple.
Avantage comparatif
Ricardo : un pays se spécialise dans la production pour laquelle son désavantage absolu est le plus faible (coût d'opportunité le plus bas).
Libre-échange
Absence de barrières tarifaires et non tarifaires aux échanges internationaux. Favorisé par l'OMC depuis 1995.
Protectionnisme
Ensemble des mesures visant à protéger les producteurs nationaux (droits de douane, quotas, normes). Justifié par List pour industries naissantes.
Intégration européenne
Zone de libre-échange → union douanière → marché unique (1993) → union monétaire (€ 1999/2002). Perte de souveraineté économique.
Regards croisés

Chapitre 5 — L'action publique pour l'environnement

Quelle action publique pour préserver l'environnement ? Acteurs, instruments, échelles.

L'environnement, un bien commun menacé

La dégradation de l'environnement résulte d'externalités négatives : la pollution n'est pas prise en compte par le marché. L'environnement est un bien commun (rival mais non-exclusif) → surexploitation (« tragédie des communs », Hardin ; gouvernance possible des communs, Ostrom).

Constat : ~81 % de l'énergie mondiale provient des fossiles → la croissance actuelle n'est pas soutenable (pics de pollution, plastique dans les océans, réchauffement climatique).
Une pluralité d'acteurs, à plusieurs échelles

Acteurs : pouvoirs publics (État, UE, collectivités), entreprises, ONG, citoyens, experts scientifiques (GIEC). Leurs intérêts et temporalités divergent → conflits.

Échelles : du local au mondial. Les accords internationaux (Accord de Paris, 2015) butent sur le fait que chaque État peut se comporter en passager clandestin.

Tensions : décalage entre objectifs nationaux et contraintes locales ; effet NIMBY (« pour les éoliennes en général… mais pas celle devant chez moi »).
Les instruments de la politique climatique
InstrumentPrincipeExemple
Réglementation / normeInterdire ou imposer un seuil. Contraignant, lisible.Normes d'émission de CO₂ des véhicules (UE)
Taxation (signal-prix)Renchérir le polluant pour internaliser l'externalité (pollueur-payeur).Taxe carbone, bonus-malus écologique
Marché de quotasPlafond global d'émissions + droits à polluer échangeables.Marché carbone européen (SEQE-UE)
SubventionEncourager les comportements vertueux.Aides au renouvelable, à la rénovation énergétique
Externalité négative
Effet négatif de l'activité d'un agent sur un tiers, sans compensation par le marché (ex : pollution). Justifie l'intervention publique.
Bien commun
Bien rival mais non-exclusif (ressources naturelles, climat). Exposé à la surexploitation → « tragédie des communs ».
Taxe carbone
Taxe sur les émissions de CO₂ qui renchérit le polluant pour internaliser l'externalité (principe pollueur-payeur, Pigou).
Marché de quotas d'émission
Instrument fixant un plafond global d'émissions et rendant les droits à polluer échangeables entre entreprises.
Norme environnementale
Réglementation imposant un seuil à respecter (ex : normes CO₂ des véhicules dans l'UE).
NIMBY
« Not In My BackYard » : adhésion à une cause générale mais opposition aux projets locaux (éolienne, ligne THT).
GIEC
Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat : synthétise la science et éclaire les politiques publiques.
Sociologie

Chapitre 8 — Mutations du travail et de l'emploi

Quelles mutations du travail et de l'emploi ? Organisation, flexibilité, numérique.

Formes d'organisation du travail
ModèlePrincipesLimites
Taylorisme (1911)OST : séparation conception/exécution, tâches simples et répétitives, chronométrage, salaire au rendementDéshumanisation, résistances ouvrières
FordismeProduction de masse standardisée + hauts salaires → workers peuvent acheter ce qu'ils produisentRigidité, manque de variété, crise de débouchés
Toyotisme (Ohno)Juste-à-temps, zéro défaut, polyvalence, cercles de qualité, flux tirés par la demandeStress, flux tendus = zéro marge d'erreur
Flexibilité et nouvelles formes d'emploi

Flexibilité quantitative externe — ajuster le volume d'emploi (licenciements, CDD, intérim).

Flexibilité quantitative interne — ajuster le temps de travail (heures supp, chômage partiel).

Flexibilité qualitative / fonctionnelle — polyvalence des salariés.

Ubérisation — plateformes numériques mettant en relation clients et prestataires "indépendants". Statut ambigu (ni salarié ni vraiment indépendant).

IA et emploi : substitution des tâches routinières (Autor, Levy, Murnane). Débat : destruction nette ou polarisation des emplois ?
OST
Organisation Scientifique du Travail (Taylor) : décomposer chaque tâche en gestes élémentaires et optimiser chacun d'eux.
Travailleur indépendant
Ne dispose pas du statut de salarié. Liberté formelle mais sans protection sociale complète. Croissance du nombre d'autoentrepreneurs en France.
Chômage structurel
Inadéquation durable entre l'offre et la demande de travail (compétences, localisation). ≠ chômage conjoncturel (lié au cycle économique).
Polarisation des emplois
Hausse des emplois très qualifiés (non automatisables) + peu qualifiés (non délocalisables) + baisse des emplois intermédiaires routiniers.
Économie

Chapitre 9 — Comment lutter contre le chômage ?

Comment mesure-t-on le chômage, d'où vient-il, et quelles politiques pour le réduire ?

Mesurer le chômage

Chômeur (au sens du BIT) — 3 critères cumulatifs : être sans emploi, disponible pour travailler, et rechercher activement un emploi.

Population active = actifs occupés + chômeurs (≠ inactifs : étudiants, retraités, parents au foyer).

Taux de chômage = chômeurs / population active × 100

Halo du chômage — personnes qui veulent travailler mais ne sont pas comptées comme chômeurs (découragés, disponibles mais sans recherche active). Le chômage « réel » est donc sous-estimé.

Piège classique : le taux de chômage se calcule sur la population active, PAS sur la population totale. En France ≈ 7,4 % en 2024.
Les types de chômage
TypeOrigineCaractéristique
ConjoncturelRalentissement de l'activité (récession), demande insuffisanteTemporaire, recule avec la reprise (lecture keynésienne)
StructurelDéséquilibres durables : inadéquation qualifications/emplois, rigiditésNe disparaît pas avec la reprise, long à résorber
FrictionnelTemps de transition entre deux emplois (recherche, mobilité)Incompressible, existe même au « plein emploi »
D'où vient le chômage ? (deux grandes lectures)

Lecture keynésienne (par la demande) — le chômage est involontaire : il vient d'une demande globale trop faible. Sans débouchés, les entreprises n'embauchent pas → il faut relancer la demande.

Lecture néoclassique / libérale (par l'offre) — le chômage vient de rigidités du marché du travail : un coût du travail trop élevé (SMIC, cotisations) au-dessus du salaire d'équilibre → l'offre de travail dépasse la demande des entreprises.

Auteur / théorieIdée clé
KeynesChômage involontaire dû à l'insuffisance de la demande effective. L'État doit intervenir.
Shapiro & StiglitzSalaire d'efficience : payer au-dessus du marché motive les salariés… mais entretient du chômage.
Lindbeck & SnowerInsiders / outsiders : les salariés en place protègent leurs avantages au détriment des chômeurs.
PissaridesAppariement (Nobel 2010) : il faut du temps et des coûts pour « matcher » offres et demandeurs → chômage frictionnel.
Les politiques de lutte

Soutenir la demande (keynésien) — relance budgétaire/monétaire pour stimuler l'activité → embauches. Cible le chômage conjoncturel.

Baisser le coût du travail (offre) — allègements de cotisations sur les bas salaires, modération du SMIC → rendre l'embauche moins chère. Cible le chômage classique.

Flexibiliser le marché du travail — faciliter embauches et licenciements. La flexisécurité (Danemark) combine flexibilité pour l'employeur + forte indemnisation + formation.

Formation & accompagnement — adapter les qualifications (contre le chômage structurel) : politiques actives de l'emploi (France Travail, aides à l'embauche, formation).

À distinguer : traitement économique (créer des emplois) vs social (indemniser) ; politiques actives (formation) vs passives (indemnisation). Débat : le partage du travail (35 h) crée-t-il vraiment de l'emploi ?
Chômage (BIT)
Être sans emploi, disponible et en recherche active. Taux de chômage = chômeurs / population active.
Population active
Les actifs occupés + les chômeurs. N'inclut pas les inactifs (étudiants, retraités, parents au foyer).
Halo du chômage
Personnes qui souhaitent travailler mais ne remplissent pas tous les critères du BIT (découragés, non disponibles tout de suite). Chômage « invisible ».
Chômage conjoncturel
Lié au ralentissement de l'activité (demande insuffisante). Recule avec la reprise. Cible de la relance keynésienne.
Chômage structurel
Déséquilibres durables (inadéquation des qualifications, rigidités, localisation). Long à résorber, indépendant du cycle.
Salaire d'efficience
Payer au-dessus du marché pour motiver et fidéliser. Effet pervers : entretient une partie du chômage (Shapiro-Stiglitz).
Insiders / outsiders
Les salariés protégés en poste (insiders) défendent leurs avantages au détriment des chômeurs et précaires (outsiders). Explique les rigidités.
Flexisécurité
Modèle danois : flexibilité pour l'employeur (licenciement facile) + sécurité pour le salarié (forte indemnisation + formation).
Sociologie

Chapitre 2 — La structure de la société française

Comment est structurée la société française ? Marx, Weber, Bourdieu, classes, moyennisation.

Les grilles de lecture
AuteurConceptCritère de classement
MarxClasses socialesPlace dans les rapports de production (propriété des moyens de production). Bourgeoisie vs prolétariat → lutte des classes.
WeberAnalyse tridimensionnelleClasse (économique) + Statut (prestige social) + Parti (pouvoir politique). Groupes de statut ≠ classes.
BourdieuEspace socialCapital économique + capital culturel + capital social. Habitus : dispositions durables intériorisées. Champ : espace de concurrence.
Habitus (Bourdieu)
Ensemble de dispositions durables incorporées par socialisation. Structure les façons de penser, d'agir, de percevoir. Reproduit les inégalités.
Capital culturel
Bourdieu : ressource culturelle (diplôme, savoir-faire, goûts). Forme incorporée (habitus), objectivée (livres) ou institutionnalisée (diplôme).
PCS
Professions et Catégories Socioprofessionnelles (INSEE). Nomenclature en 8 groupes. Outil de mesure de la structure sociale française.
Inégalités H/F
Écart de salaire ~16,8% (à temps plein). Ségrégation professionnelle (métiers féminisés dévalorisés), plafond de verre, travail domestique non rémunéré.
Lutte des classes (Marx)
Conflit antagoniste entre bourgeoisie (propriétaires du K) et prolétariat (qui ne possède que sa force de travail). Moteur de l'histoire.
Distinction (Bourdieu)
Stratégie inconsciente des classes dominantes pour se différencier (goûts, pratiques culturelles). Légitime leur position sociale.
Sociologie

Chapitre 7 — La mobilité sociale

Quelles caractéristiques et quels facteurs de la mobilité sociale ?

Mobilité sociale

Mobilité intergénérationnelle — changement de position sociale entre parents et enfants. Mesurée par tables de mobilité (enquêtes FQP INSEE).

Fluidité sociale — indépendance de la position d'arrivée par rapport à la position d'origine (Goldthorpe). Distincte de la mobilité totale observée.

Déclassement — position sociale inférieure à celle des parents. Sentiment très présent en France (Camille Peugny).

Paradoxe d'Anderson : les individus plus diplômés que leurs parents peuvent quand même se retrouver au même niveau social si la dévaluation des diplômes est forte.
Mesurer la mobilité
OutilCe qu'il mesure
Table de destinéeCe que deviennent les enfants d'une origine donnée (lecture en ligne). « Que deviennent les fils d'ouvriers ? »
Table de recrutementL'origine des personnes occupant une position donnée (lecture en colonne). « D'où viennent les cadres ? »
Mobilité observéeTous les changements de position constatés (mobilité brute).
Mobilité structurellePart due à la déformation de la structure des emplois (tertiarisation).
Fluidité socialeMobilité « relative » : mesure l'égalité des chances, indépendamment de la structure.
Les facteurs de la mobilité

L'école — la massification scolaire a favorisé la mobilité ascendante, mais la démocratisation reste inégale (reproduction, Bourdieu). Boudon : les choix scolaires reposent sur un calcul coût/avantage/risque qui diffère selon l'origine.

La famille — transmission des ressources (capital économique, culturel, social) et configuration familiale pèsent fortement sur la destinée.

La structure des emplois — la tertiarisation a créé des positions qualifiées → forte mobilité structurelle ascendante au XXe siècle.

Table de destinée
Lecture en ligne d'une table de mobilité : ce que deviennent les enfants issus d'une origine sociale donnée.
Table de recrutement
Lecture en colonne : l'origine sociale des individus occupant aujourd'hui une position donnée.
Mobilité structurelle
Part de la mobilité imposée par la transformation de la structure des emplois (ex : tertiarisation), indépendante du mérite.
Fluidité sociale
Mobilité relative qui isole l'égalité des chances en neutralisant l'effet de la structure des emplois (Goldthorpe).
Massification scolaire
Hausse forte du nombre d'élèves/diplômés. ≠ démocratisation : l'accès s'élargit sans que les inégalités sociales de réussite disparaissent.
Homogamie
Tendance à se mettre en couple avec une personne de même milieu social. Frein à la mobilité et facteur de reproduction.
Sociologie

Chapitre 3 — L'engagement politique

Comment expliquer l'engagement politique ? Action collective, formes de participation, vote et abstention.

Le problème du passager clandestin (Olson)

Mancur Olson, The Logic of Collective Action (1965) : l'action collective est irrationnelle pour l'individu.

Si le bien produit est non-exclusif → chacun attend que les autres agissent → free rider

Solution d'Olson : incitations sélectives (avantages réservés aux membres qui participent) et/ou contrainte (cotisations obligatoires).

Exemple : un syndicat obtient une augmentation de salaire pour tous → les non-syndiqués profitent sans cotiser. → Déclin du syndicalisme.
Formes d'action collective
FormeDéfinitionExemple
GrèveCessation collective du travail. Droit constitutionnel en France (1946).Grève SNCF, grève générale
ManifestationRassemblement public pour défendre une cause.Gilets Jaunes (2018), retraites (2023)
Mouvement socialAction collective durable d'un groupe pour transformer l'ordre social (Touraine).#MeToo, écologie
Pétition / boycottFormes non conventionnelles. Nouvelles pratiques via réseaux sociaux.Change.org, cancel culture
Free rider
Passager clandestin : individu qui profite des bénéfices de l'action collective sans en supporter les coûts. Problème central d'Olson.
Bien collectif
Bien non-rival et non-exclusif (ex : sécurité nationale, air pur). Sa production pose le problème du free rider.
Syndicat
Organisation défendant les intérêts des travailleurs. Taux de syndicalisation en France : ~11% (un des plus bas en Europe). Rôle maintenu via représentativité légale.
Nouveaux mouvements sociaux
Depuis 1970s : mouvements non plus centré sur le travail mais sur identités, environnement, genre. #MeToo, Extinction Rebellion.
L'abstention et ses causes

Abstention structurelle — liée au profil socio-démographique : jeunes, peu diplômés, faibles revenus, quartiers populaires → sentiment de ne pas être compétent politiquement.

Abstention conjoncturelle — liée à l'offre politique (pas de candidat satisfaisant) ou au contexte (élection perçue comme peu importante).

Chiffres clés : abstention 1er tour présidentielle 2022 : 26,3% (parmi les plus fortes de la Ve République). Abstention aux législatives 2022 : 52,5% (record).
Les déterminants du vote
Auteur / ConceptExplication
Vote d'appartenanceLe vote reflète l'appartenance sociale (classe, religion, région). Stable dans le temps. Modèle de Columbia (Lazarsfeld).
Vote sur enjeuxL'électeur choisit selon ses positions sur des questions précises. Rationnel, volatile. Modèle du consommateur électoral (Downs).
Socialisation politiqueApprentissage des valeurs et comportements politiques (famille, école, médias, pairs). Influence durable sur le vote.
Gaxie — cens cachéLa participation politique requiert des ressources culturelles inégalement distribuées → inégalité de fait malgré le suffrage universel.
Kingdon — agendaMise à l'agenda : un problème devient politique si les 3 flux convergent : problème + solution + fenêtre d'opportunité politique.
Cens caché (Gaxie)
Malgré le suffrage universel, les inégalités culturelles créent une compétence politique inégale. Les moins dotés s'abstiennent davantage.
Agenda politique (Kingdon)
3 flux : courant des problèmes + courant des solutions + courant politique. Fenêtre d'opportunité quand ils convergent.
Volatilité électorale
Changement de vote d'une élection à l'autre. Augmente avec l'affaiblissement des identités partisanes et la montée du vote sur enjeux.
Socialisation politique
Processus par lequel un individu intériorise les valeurs, normes et comportements politiques. Famille = agent principal au départ, puis école, médias.

Flashcards — Auteurs & Théories

Auteur → théorie. Clique pour voir. ✓ Su / ✗ À revoir pour progresser.

Carte 1 / 18
Robert Solow
Économie · Croissance
Théorie de la croissance exogène. Le progrès technique vient de l'extérieur. Accumulation du capital → état stationnaire.
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Exercices — QCM

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1

Croissance économique

Sources, théories, indicateurs

2

Financement de l'économie

Modes de financement, marchés

3

Politiques économiques

Carré magique, BCE, multiplicateur

4

Mondialisation

Commerce international, auteurs

5

Travail, stratification & action collective

Organisation du travail, classes sociales, syndicats

6

Comportement électoral

Vote, abstention, agenda politique

7

Regards croisés

Défaillances de marché, justice sociale, protection sociale

8

Structure sociale (chap. 2)

Marx, Weber, moyennisation, Chauvel, PCS

9

Action publique pour l'environnement (chap. 5)

Externalités, NIMBY, instruments, GIEC

10

Mobilité sociale (chap. 7)

Tables de mobilité, fluidité, déclassement

11

Vrai ou Faux ?

Les pièges classiques du bac, sur les 8 chapitres

12

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📈 Chapitre 1 — Sources et défis de la croissance économique
PIB
Produit Intérieur Brut. Somme des valeurs ajoutées de tous les agents résidents sur un territoire en un an. Principal indicateur de la richesse produite.
Valeur ajoutée
Richesse réellement créée par une entreprise : la valeur de sa production moins ce qu'elle a dû acheter à d'autres pour produire (les consommations intermédiaires). Formule : VA = chiffre d'affaires (CA) − consommations intermédiaires (CI). La somme de toutes les VA du pays donne le PIB.
IDH
Indice de Développement Humain (PNUD/ONU). Indicateur composite compris entre 0 et 1 qui combine trois dimensions : le PIB par habitant (PIB/hab = le revenu moyen), l'espérance de vie (la santé) et le niveau d'éducation. Mesure le développement au-delà de la seule richesse.
PGF
Productivité Globale des Facteurs. « Résidu de Solow » : la part de la croissance qui ne s'explique ni par la hausse du capital (noté K : machines, bâtiments, équipements) ni par celle du travail (noté L : la main-d'œuvre). On l'attribue au progrès technique et aux gains d'efficacité.
Capital physique (K)
Ensemble des biens durables utilisés dans le processus de production (machines, bâtiments, outils). Son accumulation est source de croissance.
Capital humain
Ensemble des compétences, connaissances et état de santé accumulés par les individus (Becker). Facteur de croissance endogène (Romer, Lucas).
Progrès technique
Amélioration des procédés de production permettant d'obtenir plus avec les mêmes facteurs. Exogène pour Solow, endogène pour Romer.
Destruction créatrice
Schumpeter : l'innovation détruit des secteurs obsolètes et en crée de nouveaux. L'entrepreneur innovateur est le moteur de la croissance capitaliste.
Croissance exogène
Solow (1956) : la croissance de long terme dépend du progrès technique qui vient de l'extérieur du modèle. À long terme, l'économie tend vers un état stationnaire.
Croissance endogène
Romer, Lucas (1980s) : le progrès technique est généré à l'intérieur du modèle par R&D, capital humain, infrastructures publiques → externalités positives.
État stationnaire
Solow : équilibre de long terme où le capital par tête est constant. Sans progrès technique exogène, la croissance s'arrête (rendements décroissants du capital).
Soutenabilité faible
Vision (Solow) : le capital naturel est substituable par du capital physique ou humain. La croissance peut durer si on investit suffisamment.
Soutenabilité forte
Vision (Daly) : le capital naturel (biodiversité, climat) est irremplaçable — non substituable. La croissance doit respecter des limites écologiques strictes.
Externalité négative
Effet négatif d'une activité sur un tiers sans compensation marchande (ex : pollution). Le PIB ne comptabilise pas ces pertes de bien-être.
Convergence conditionnelle
Solow : les pays pauvres devraient rattraper les pays riches à condition d'avoir les mêmes paramètres (épargne, institutions). Non systématiquement vérifiée.
Rendements décroissants
Quand on augmente un seul facteur (ex : capital), le rendement marginal de chaque unité supplémentaire diminue. Explique l'état stationnaire chez Solow.
Facteur travail (L)
Quantité de travail mobilisée dans la production (nombre d'actifs occupés × durée). Sa hausse quantitative ou qualitative (capital humain) nourrit la croissance.
Facteur capital (K)
Stock de capital fixe (machines, bâtiments, équipements) servant à produire. Son accroissement par l'investissement est une source de croissance extensive.
Investissement (FBCF)
Formation Brute de Capital Fixe : achat de biens durables de production. Augmente le stock de capital et incorpore le progrès technique dans l'appareil productif.
Productivité du travail
Efficacité du facteur travail = production / quantité de travail. Sa hausse permet de produire plus avec autant : source clé de la croissance intensive.
Gains de productivité
Hausse de la productivité. Se répartissent entre baisse des prix, hausse des salaires et des profits → cercle vertueux de croissance (logique fordiste).
Innovation
Schumpeter, 5 formes : nouveau produit, nouveau procédé, nouveau débouché, nouvelle matière première, nouvelle organisation. Issue de la R&D, cœur de la croissance.
Droits de propriété
Institution garantissant l'usage exclusif d'un bien et de ses revenus. Incitent à investir et innover (North). Condition institutionnelle de la croissance.
Institutions (North)
Règles du jeu d'une société (lois, normes, droits de propriété). Des institutions stables sécurisent l'investissement et l'innovation → croissance de long terme.
Brevet
Titre de propriété intellectuelle donnant un monopole temporaire sur une invention. Incite à la R&D en protégeant l'innovateur de l'imitation.
Externalité positive de connaissance
Le savoir produit par la R&D profite gratuitement aux autres (diffusion). Source de croissance endogène mais cause de sous-investissement privé → rôle de l'État.
Capital public
Infrastructures financées par l'État (routes, écoles, hôpitaux, réseaux). Génère des externalités positives qui élèvent la productivité de tous (croissance endogène).
Capital naturel
Ensemble des ressources fournies par la nature (ressources, biodiversité, climat, eau). Au cœur de la soutenabilité : substituable (faible) ou non (forte).
Capital institutionnel
Institutions et règles favorisant la coopération économique (justice, État de droit). 4ᵉ type de capital de la soutenabilité, avec physique, humain et naturel.
Développement durable
Rapport Brundtland (1987) : développement qui répond aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures. 3 piliers : économique, social, environnemental.
Stagnation séculaire
Thèse (Gordon, Summers) : ralentissement durable de la croissance des pays développés, faute d'innovations majeures et par insuffisance chronique de la demande.
Récession / Dépression
Récession : recul du PIB sur ≥ 2 trimestres consécutifs. Dépression : récession longue et profonde (1929). ≠ ralentissement (croissance positive mais plus faible).
PIB réel / nominal
Nominal : aux prix courants (inclut l'inflation). Réel : aux prix constants (corrigé de l'inflation). Seule la croissance réelle mesure une vraie hausse des quantités.
Facteur de production
Ensemble des éléments nécessaires à la production de biens et services. Les deux principaux : le travail (L) et le capital (K). Leur accumulation est une source de croissance.
R&D (Recherche-Développement)
Investissement immatériel visant à produire de nouvelles connaissances et innovations. Génère des externalités positives → souvent soutenue par l'État (croissance endogène).
🏙 Chapitre 2 — Comment est structurée la société française actuelle
Classe sociale (Marx)
Groupe défini par sa place dans les rapports de production (propriété ou non des moyens de production). Bourgeoisie vs prolétariat. Antagonisme → lutte des classes.
Groupe de statut (Weber)
Groupe défini par un style de vie et un prestige social partagés. Distinct de la classe économique : on peut avoir du statut sans richesse (ex : aristocratie ruinée).
Capital économique (Bourdieu)
Ressources financières et matérielles possédées par un individu. L'une des 3 dimensions de l'espace social chez Bourdieu.
Capital culturel (Bourdieu)
Ressources culturelles : état incorporé (goûts, savoir-faire), objectivé (livres, tableaux), institutionnalisé (diplômes). Se transmet par la famille → reproduction sociale.
Capital social (Bourdieu)
Réseau de relations sociales qui peuvent être mobilisées pour obtenir des avantages (pistons, réseaux d'affaires, d'anciens élèves…).
Habitus (Bourdieu)
Ensemble de dispositions durables incorporées par la socialisation (façons de penser, parler, agir). Structure inconsciente qui reproduit les inégalités sociales.
Champ (Bourdieu)
Espace social structuré de positions dans lequel les agents sont en concurrence pour des ressources spécifiques (champ économique, artistique, scolaire…).
PCS
Professions et Catégories Socioprofessionnelles (INSEE). 8 groupes (agriculteurs, artisans, cadres, professions intermédiaires, employés, ouvriers, retraités, inactifs). Outil de mesure.
Ségrégation professionnelle H/F
Concentration des femmes dans certains métiers (soin, éducation, service) moins bien rémunérés. Explique en partie l'écart salarial hommes-femmes (~16,8% à temps plein).
Moyennisation (Mendras)
Thèse : développement d'une vaste "constellation centrale" (classes moyennes) qui réduit les distances sociales et brouille les frontières de classe. Débattue (retour des inégalités).
Classe en soi / pour soi (Marx)
Classe "en soi" : position objective commune (rapport aux moyens de production). Classe "pour soi" : conscience de classe et mobilisation collective. Le passage n'est pas automatique.
Conscience de classe
Sentiment d'appartenir à une classe aux intérêts communs, opposée à une autre. Condition de la mobilisation chez Marx. Son affaiblissement nourrit la thèse de la moyennisation.
Individualisation
Tendance des sociétés modernes à valoriser l'individu et à affaiblir les appartenances collectives (classe, religion). Rend les identités sociales plus floues et mouvantes.
Bipolarisation / polarisation sociale
Creusement des écarts entre le haut et le bas de la hiérarchie sociale, au détriment du "milieu". Thèse opposée à la moyennisation : retour des inégalités (Piketty).
Multidimensionnalité des inégalités
Les inégalités ne sont pas que de revenu : aussi de patrimoine, d'éducation, de santé, de logement, de genre, d'accès au numérique. Elles peuvent se cumuler.
Cumul des inégalités
Tendance des désavantages à se renforcer mutuellement (faible revenu → mauvaise santé → moindre réussite scolaire…). Aggrave la reproduction sociale.
Patrimoine
Ensemble des biens et actifs détenus par un ménage (immobilier, épargne, actions). Beaucoup plus inégalement réparti que les revenus. Se transmet → reproduction des inégalités.
Plafond de verre
Ensemble des obstacles invisibles freinant l'accès des femmes (et des minorités) aux postes de pouvoir et de direction, malgré des compétences équivalentes.
r > g (Piketty)
Quand le rendement du capital (r) dépasse durablement la croissance (g), le patrimoine se concentre et les inégalités explosent. Thèse du "Capital au XXIᵉ siècle" (2013).
Structure sociale
Division de la société, selon certains critères (PCS, revenu, diplôme…), en grands groupes hiérarchisés. Permet de faire ressortir les hiérarchies sociales.
Espace social (Bourdieu)
Manière dont les individus sont situés et positionnés les uns par rapport aux autres dans la société, selon les volumes et structures de capitaux qu'ils détiennent.
Distance inter-classes
Inégalités (revenus, consommation, modes de vie) existant entre des individus appartenant à deux classes sociales différentes.
Distance intra-classe
Inégalités existant entre des individus appartenant à une même classe sociale (la classe n'est pas homogène).
Identification subjective à un groupe
Sentiment d'appartenir à un groupe social et revendication de cette appartenance comme élément de son identité. Dimension subjective des classes sociales.
Tertiarisation
Augmentation de la part des emplois du secteur tertiaire (services) dans la population active, au détriment du primaire et du secondaire.
Féminisation des emplois
Augmentation de la part des femmes dans la population active. Transforme la structure sociale et le rapport au travail.
Revenu disponible
Somme à la disposition d'un ménage pour consommer et épargner (revenus d'activité + revenus du patrimoine + prestations − prélèvements obligatoires).
Niveau de vie
Revenu disponible rapporté à la taille du ménage (en unités de consommation). Permet de comparer le bien-être matériel entre ménages de tailles différentes.
✊ Chapitre 3 — L'engagement politique dans les sociétés démocratiques
Bien collectif
Bien non-rival (consommable par tous simultanément) et non-exclusif (impossible d'en exclure quiconque). Ex : sécurité nationale, air pur. Génère le problème du free rider.
Free rider (Olson)
Passager clandestin : individu qui profite des bénéfices d'une action collective sans en supporter les coûts. Rend l'action collective irrationnelle à l'échelle individuelle.
Incitation sélective
Olson : avantage réservé exclusivement aux membres qui participent à l'action collective (ex : services juridiques syndicaux). Contourne le problème du free rider.
Mouvement social
Touraine : action collective durable d'un groupe social pour transformer l'ordre social, en opposition à un adversaire, pour le contrôle d'un enjeu culturel ou politique.
Répertoire d'action (Tilly)
Ensemble des moyens d'action collective disponibles dans une société à une époque donnée (grève, pétition, manifestation, boycott). Évolue dans le temps.
Nouveaux mouvements sociaux
Depuis les années 1970 : mouvements non centrés sur le travail mais sur des identités (genre, race), l'environnement, le mode de vie. #MeToo, Extinction Rebellion.
Taux de syndicalisation
Part des salariés membres d'un syndicat. En France : ~11%, l'un des plus bas d'Europe. Mais représentativité légale maintenue par le droit du travail.
Abstention structurelle
Non-participation liée à des caractéristiques socio-démographiques stables : jeunes, peu diplômés, faibles revenus, zones rurales ou banlieues populaires.
Abstention conjoncturelle
Non-participation liée au contexte : élection perçue comme peu importante, absence de candidat satisfaisant, déception vis-à-vis de la politique ("tous pareils").
Cens caché (Gaxie)
Bien que le suffrage soit universel, les inégalités culturelles créent une incompétence politique perçue chez les moins dotés → ils s'abstiennent davantage.
Vote d'appartenance
Le vote reflète l'appartenance à un groupe social (classe, religion, région). Stable dans le temps. École de Columbia (Lazarsfeld) : "tu votes comme tu es".
Vote sur enjeux
L'électeur vote en fonction de ses positions sur des problèmes précis (économie, sécurité, immigration). Rationnel, volatile. Modèle du "consommateur électoral" (Downs).
Socialisation politique
Processus d'apprentissage des valeurs, normes et comportements politiques. Agents : famille (primaire), école, pairs, médias. Influence durable sur le vote.
Agenda politique (Kingdon)
Mise à l'agenda = un problème devient politique quand 3 flux convergent : courant des problèmes + courant des solutions + courant politique (fenêtre d'opportunité).
Volatilité électorale
Propension des électeurs à changer de vote d'une élection à l'autre. En hausse depuis les années 1980 avec l'affaiblissement des identités partisanes.
Engagement politique
Ensemble des formes de participation à la vie politique : vote, militantisme, adhésion, manifestation, engagement associatif, consommation engagée. Dépasse le seul vote.
Participation conventionnelle / non conventionnelle
Conventionnelle : dans le cadre institutionnel (vote, adhésion à un parti). Non conventionnelle : hors institutions (manif, pétition, grève, boycott, occupation).
Militantisme
Engagement actif et régulier au service d'une cause ou d'une organisation (parti, syndicat, association). En recul sous sa forme traditionnelle, plus ponctuel aujourd'hui.
Rétributions du militantisme (Gaxie)
Avantages symboliques et matériels que retire le militant (sociabilité, reconnaissance, savoir-faire, plaisir). Expliquent l'engagement malgré le paradoxe d'Olson.
Mobilisation des ressources
McCarthy & Zald : un mouvement réussit s'il sait mobiliser des ressources (argent, militants, réseaux, relais médiatiques), pas seulement par le mécontentement.
Structure des opportunités politiques
Le contexte politique (alliances, ouverture du pouvoir, répression) favorise ou freine l'action collective. Un même mécontentement ne se mobilise pas partout pareil.
Consommation engagée
Utiliser ses choix de consommation comme acte politique : boycott, achat éthique/bio, circuits courts. Forme individualisée et quotidienne d'engagement.
Variables lourdes du vote
Caractéristiques sociales qui structurent durablement le vote : PCS, religion, patrimoine, âge, diplôme. Leur pouvoir explicatif décline au profit du vote sur enjeux.
Identification partisane
École de Michigan : attachement durable et affectif à un parti, hérité de la socialisation, qui oriente le vote comme une "loyauté". Filtre la perception de la politique.
Effet d'âge / de génération
Âge (cycle de vie) : le vote évolue avec l'avancée en âge. Génération : une cohorte marquée par un contexte garde des orientations propres. Deux lectures du vote des jeunes.
Mal-inscription
Être inscrit sur une liste électorale qui ne correspond plus à son domicile (après un déménagement). Cause d'abstention "involontaire", surtout chez les jeunes mobiles.
Grève
Cessation collective et concertée du travail pour appuyer des revendications. Droit constitutionnel en France (1946). Forme historique majeure de l'action collective.
Syndicat
Organisation défendant les intérêts professionnels des salariés (négociation, grève, représentation). Taux de syndicalisation faible en France (~11%) mais rôle institutionnel fort.
Engagement politique
Fait de prendre parti sur des problèmes politiques, par son action (vote, militantisme, manifestation) ou par ses propos.
Société démocratique
Société dans laquelle l'organisation politique repose sur un pouvoir qui appartient aux citoyens et est exercé par eux (directement ou via des représentants).
Parti politique
Organisation dont l'objectif est de conquérir le pouvoir et d'assurer le lien entre les citoyens et leurs représentants.
Association
Groupement de personnes réunies autour d'un projet commun ou d'activités partagées, sans but lucratif (loi 1901). Vecteur d'engagement et de lien social.
Groupement d'intérêt
Rassemblement d'individus autour de la défense d'un intérêt particulier (groupe de pression, lobby). Cherche à peser sur les décisions sans conquérir le pouvoir.
🌍 Chapitre 4 — Commerce international & internationalisation de la production
Avantages absolus (Smith)
Un pays a avantage à produire les biens pour lesquels il est le plus efficace (productivité absolue supérieure) et à les échanger contre le reste.
Avantages comparatifs (Ricardo)
Même sans avantage absolu, un pays doit se spécialiser dans ce qu'il fait relativement mieux (coût d'opportunité le plus faible). Tout le monde gagne à l'échange.
Théorème HOS
Heckscher-Ohlin-Samuelson : un pays exporte les biens qui utilisent intensément son facteur abondant (capital si riche en K, travail si riche en L).
Commerce intra-branche
Échange de biens appartenant à la même branche (ex : France exporte et importe des voitures). Expliqué par Krugman via économies d'échelle et différenciation.
Protectionnisme éducateur
List : protéger temporairement les industries naissantes pour leur laisser le temps d'atteindre la compétitivité internationale. Droit de douane ou quota.
Chaîne de valeur mondiale
Fragmentation internationale de la production : chaque étape est réalisée là où c'est le moins coûteux. Ex : iPhone conçu aux USA, composants en Asie, assemblé en Chine.
Dumping social
Concurrence déloyale d'un pays qui attire les entreprises en maintenant de bas salaires ou de mauvaises conditions de travail. Critique du libre-échange.
Dumping fiscal
Attirer les entreprises par une fiscalité très faible sur les bénéfices. Ex : Irlande (12,5% d'IS). Crée une concurrence entre États membres de l'UE.
OMC
Organisation Mondiale du Commerce (1995). Régule les échanges, négocie la réduction des barrières, règle les différends commerciaux. Succède au GATT.
Balance commerciale
Différence entre les exportations et les importations de biens d'un pays. Excédentaire si X > M (ex : Allemagne). Déficitaire si X < M (ex : France).
Désindustrialisation
Baisse de la part de l'industrie dans l'emploi et le PIB. En France : de 25% à 10% de l'emploi en 40 ans. Liée aux délocalisations et aux gains de productivité.
Paradoxe de Leontief
1953 : les États-Unis exportaient des biens intensifs en travail qualifié, pas en capital, malgré leur abondance en capital. Remet en cause le théorème HOS simple.
Firme multinationale (FMN)
Entreprise possédant au moins une unité de production à l'étranger (filiale). Organise la production à l'échelle mondiale via les IDE. Acteur central de la mondialisation.
IDE (investissement direct étranger)
Investissement par lequel une FMN acquiert ou crée durablement une activité à l'étranger (≥10% du capital). Stratégie de marché (vendre sur place) ou de coût (produire moins cher).
Délocalisation
Transfert d'une activité productive vers un autre pays pour réduire les coûts (salaires, fiscalité), tout en réimportant pour le marché d'origine. Source de désindustrialisation.
Externalisation
Confier à une entreprise extérieure (souvent à l'étranger) une activité auparavant interne (sous-traitance). Permet de se recentrer sur le cœur de métier.
DIPP
Décomposition Internationale du Processus Productif : chaque étape de fabrication est réalisée dans le pays le plus avantageux. Fondement des chaînes de valeur mondiales.
Compétitivité-prix
Capacité à vendre moins cher que les concurrents (coûts, productivité, taux de change). Décisive pour les produits standardisés. Affaiblie par un coût du travail élevé.
Compétitivité hors-prix
Capacité à vendre grâce à des facteurs autres que le prix : qualité, innovation, image de marque, délais, services. Atout des pays développés (ex : luxe, Allemagne).
Avantage comparatif construit
Contrairement à Ricardo (avantages "naturels"), un pays peut bâtir ses avantages par des politiques (éducation, R&D, infrastructures). Ex : Corée du Sud, électronique.
Libre-échange
Absence d'entraves aux échanges internationaux (droits de douane, quotas, normes). Promu par l'OMC. Théorisé par Smith et Ricardo : gains mutuels à l'échange.
Protectionnisme
Politique de protection des producteurs nationaux contre la concurrence étrangère : droits de douane, quotas, normes, subventions. Justifié par List (industries naissantes).
Termes de l'échange
Rapport entre le prix des exportations et celui des importations d'un pays. S'améliorent s'il vend cher et achète bon marché. Défavorables aux pays exportateurs de matières premières.
Pays émergents
Pays en forte croissance s'industrialisant et s'intégrant au commerce mondial (Chine, Inde, Brésil…). Gagnants de la mondialisation productive, mais inégalités internes fortes.
GATT
Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (1947). Cycles de négociation pour baisser les barrières douanières. Remplacé par l'OMC en 1995.
Commerce international
Échange de biens et de services entre plusieurs pays (exportations et importations).
Internationalisation de la production
Développement des investissements et des implantations à l'étranger qui décomposent la production à l'échelle mondiale (chaînes de valeur mondiales).
Spécialisation internationale
Concentration de la production d'un pays sur un nombre limité de produits pour lesquels il dispose d'un avantage comparatif.
Compétitivité
Capacité d'une entreprise (ou d'un pays) à conserver ou augmenter ses parts de marché. Prix (coûts) ou hors-prix (qualité, innovation, image).
🌱 Chapitre 5 — L'action publique pour l'environnement
Défaillance de marché
Situation où le marché livré à lui-même n'aboutit pas à une allocation optimale des ressources (externalités, biens communs, asymétries d'information). Justifie l'intervention publique.
Externalité
Effet de l'activité d'un agent sur le bien-être d'un tiers, sans compensation marchande. Négative (pollution) ou positive (R&D, vaccination). Le prix de marché ne la prend pas en compte.
Internalisation des externalités
Faire en sorte que l'agent supporte le coût (ou reçoive le bénéfice) qu'il fait peser sur autrui, via taxe, subvention ou marché de droits → le prix devient "vrai".
Taxe pigouvienne
Taxe (Pigou) égale au coût de l'externalité négative (ex : taxe carbone). Renchérit l'activité polluante pour décourager la pollution. Instrument par les prix.
Marché de quotas d'émission
L'État fixe un plafond global de pollution et distribue/vend des droits à polluer échangeables (marché carbone européen, ETS). Instrument par les quantités (Coase).
Réglementation / norme
Instrument autoritaire : l'État interdit, impose un seuil ou une norme (ex : Euro 6, interdiction de produits). Efficace et lisible, mais rigide et coûteux à contrôler.
Théorème de Coase
Si les droits de propriété sont bien définis et les coûts de transaction faibles, les agents peuvent négocier entre eux pour résoudre l'externalité, sans intervention de l'État.
Bien commun
Bien rival (sa consommation réduit la quantité disponible) mais non-exclusif (difficile d'en exclure l'accès). Ex : poissons, eau, forêts. Risque de surexploitation.
Bien public
Bien non-rival et non-exclusif (éclairage public, défense, air pur). Le marché ne le produit pas (free rider) → financement public nécessaire.
Tragédie des communs (Hardin)
Un bien commun en libre accès tend à être surexploité car chacun maximise son intérêt sans tenir compte de l'épuisement collectif (ex : surpêche, climat).
Gestion des communs (Ostrom)
Elinor Ostrom (Nobel 2009) : les communautés peuvent gérer durablement un bien commun par des règles collectives, sans privatisation ni État (réfute Hardin).
Asymétrie d'information
Situation où une partie d'un échange dispose de plus d'informations que l'autre. Source de défaillances : antisélection (avant le contrat) et aléa moral (après).
Antisélection (Akerlof)
Quand l'acheteur ne distingue pas la qualité, les mauvais produits chassent les bons (marché des voitures d'occasion, les "lemons"). Le marché peut disparaître.
Biodiversité / climat
Exemples de capital naturel et de biens communs mondiaux menacés par les externalités négatives de la croissance. Enjeu de l'action publique pour l'environnement.
Politique climatique
Ensemble des mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et à lutter contre le réchauffement climatique.
GES (gaz à effet de serre)
Gaz (CO₂, méthane…) qui retiennent la chaleur dans l'atmosphère. Leur accumulation, liée à la production et à la consommation, provoque le réchauffement climatique.
Énergies fossiles
Charbon, pétrole, gaz : ~81% de la production énergétique mondiale. Non renouvelables et fortement émettrices de GES → la croissance actuelle n'est pas soutenable.
Pluralité des acteurs (climat)
L'action pour l'environnement mobilise des acteurs aux intérêts parfois divergents : États, UE, collectivités, ONG, entreprises, citoyens, experts (GIEC).
GIEC
Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Synthétise les connaissances scientifiques sur le réchauffement et éclaire les décisions des pouvoirs publics.
Accords internationaux (climat)
Négociations mondiales pour coordonner l'action climatique (ex : Accord de Paris 2015, objectif < 2°C). Difficiles car chaque État cherche à éviter le coût (passager clandestin).
NIMBY
"Not In My BackYard" : soutien à une cause générale (ex : les énergies renouvelables) mais opposition aux projets concrets près de chez soi (éolienne, ligne THT).
Bonus-malus écologique
Instrument incitatif par les prix : subvention (bonus) sur les véhicules peu polluants et taxe (malus) sur les plus polluants. Internalise l'externalité.
Norme environnementale
Réglementation imposant un seuil à respecter (ex : normes d'émission de CO₂ des véhicules dans l'UE). Instrument réglementaire, contraignant et lisible.
Décalage national / local
Tension entre objectifs nationaux ambitieux et contraintes locales d'application (oppositions, coûts), qui freine la mise en œuvre des politiques environnementales.
🏛 Chapitre 6 — Politiques économiques dans le cadre européen
Politique conjoncturelle
Décisions des pouvoirs publics pour atteindre des objectifs à court terme (carré magique : croissance, inflation, chômage, balance extérieure). ≠ politique structurelle.
Carré magique (Kaldor)
4 objectifs simultanés : croissance économique + plein emploi + stabilité des prix + équilibre de la balance commerciale. En pratique souvent antagonistes.
Politique budgétaire
Action de l'État qui modifie ses dépenses et ses recettes (impôts) pour agir sur l'économie. Peut être expansionniste (relance) ou restrictive (austérité).
Politique monétaire
Action de la BCE sur la masse monétaire et les taux d'intérêt pour atteindre la stabilité des prix (~2% d'inflation). Indépendante des gouvernements.
Multiplicateur keynésien
Mécanisme par lequel 1 € de dépense publique fait augmenter le PIB de plus d'1 €, car l'argent versé est redépensé en chaîne par ceux qui le reçoivent. « k » est le multiplicateur : le PIB augmente de k € pour 1 € dépensé. Il vaut k = 1/(1−c), où « c » est la propension marginale à consommer (la part d'un euro de revenu supplémentaire qui est dépensée plutôt qu'épargnée). Exemple : si c = 0,8 alors k = 5.
Effet d'éviction
La dette publique fait monter les taux d'intérêt → réduit l'investissement privé → atténue l'effet de la relance budgétaire. Argument libéral contre le keynésianisme.
Pacte de Stabilité (PSC)
Règles budgétaires européennes : déficit public < 3% du PIB et dette publique < 60% du PIB. Contraint les politiques nationales en récession.
Taux directeurs
Taux auquel la BCE prête aux banques commerciales. Baisse → crédit moins cher → plus d'investissement et consommation → relance. Hausse → freinage de l'inflation.
Quantitative Easing (QE)
Politique monétaire non conventionnelle : rachat massif de titres sur les marchés par la BCE pour injecter des liquidités quand les taux directeurs sont déjà à 0%.
Inflation
Hausse générale et durable du niveau des prix. Mesurée par l'IPC (Indice des Prix à la Consommation). Objectif BCE : ~2%.
Déflation
Baisse générale et durable des prix. Trappe à liquidités : les agents attendent que les prix baissent encore → cercle vicieux de contraction.
Courbe de Phillips
Relation inverse entre inflation et chômage à court terme. Stagflation des années 1970 (inflation + chômage simultanés) l'a remise en cause.
Choc asymétrique
Choc économique qui affecte différemment les pays membres d'une zone monétaire. Problème : la BCE ne peut pas adapter sa politique à un seul pays.
Zone monétaire optimale
Mundell : zone où il est optimal d'avoir une monnaie unique. Critères : mobilité du travail, flexibilité des prix et salaires, mécanismes de transferts budgétaires.
Intégration économique
Processus de création d'un espace économique commun. Niveaux : zone de libre-échange → union douanière → marché unique → union économique et monétaire.
Marché unique européen
Libre circulation des 4 facteurs : marchandises, personnes, services, capitaux. Créé en 1993. Effets statiques (gains à l'échange) et dynamiques (économies d'échelle).
Politique de la demande
Logique keynésienne : soutenir la consommation et l'investissement (hausse des dépenses publiques, baisse des impôts/taux) pour relancer l'activité à court terme.
Politique de l'offre
Logique libérale : améliorer les conditions de production (baisse des charges, du coût du travail, des impôts sur les entreprises) pour stimuler l'investissement et l'emploi.
Politique structurelle
Action de long terme transformant les structures de l'économie (concurrence, formation, recherche, marché du travail). ≠ politique conjoncturelle (court terme).
Stabilisateurs automatiques
Mécanismes qui amortissent les chocs sans décision nouvelle : en récession, les impôts baissent et les allocations chômage augmentent → soutien automatique de la demande.
Déficit public
Solde négatif du budget des administrations (dépenses > recettes) sur une année. Limité à 3% du PIB par le Pacte de Stabilité. Se finance par l'emprunt.
Dette publique
Cumul des déficits publics passés. Plafonnée à 60% du PIB par le PSC (théoriquement). France ≈ 110% en 2024. Soutenabilité = capacité à la rembourser.
Policy mix
Combinaison des politiques budgétaire et monétaire pour atteindre les objectifs macroéconomiques. En zone euro : difficile car monétaire commune mais budgétaires nationales.
Critères de convergence (Maastricht)
Conditions d'entrée dans l'euro (1992) : déficit < 3%, dette < 60%, inflation et taux maîtrisés, stabilité du change. Visent à harmoniser les économies.
Indépendance de la BCE
La BCE n'obéit pas aux gouvernements : elle vise la seule stabilité des prix (≈2%). Garantit la crédibilité anti-inflation mais limite la coordination avec le budgétaire.
Union économique et monétaire (UEM)
Stade le plus poussé d'intégration : monnaie unique (€) + coordination des politiques économiques. Lancée en 1999 (€ scriptural), 2002 (pièces et billets).
Fédéralisme budgétaire
Mécanismes de transferts budgétaires entre régions/pays d'une zone monétaire pour amortir les chocs asymétriques. Très limité dans l'UE → fragilité de la zone euro.
NextGenerationEU (2020)
Plan de relance européen de 750 Mds € financé par une dette commune, suite au Covid. Première vraie solidarité budgétaire et suspension temporaire du PSC.
Politique économique
Ensemble des décisions prises par les pouvoirs publics pour atteindre certains objectifs économiques (croissance, emploi, prix, équilibre extérieur).
Politique de la concurrence
Ensemble des principes et mesures pour encadrer et favoriser la concurrence sur les marchés : lutte contre les ententes, les abus de position dominante, contrôle des fusions. Compétence forte de l'UE.
Union européenne
Construction politique et économique composée de 27 États membres, dotée de compétences propres pour atteindre des objectifs communs (marché unique, euro, concurrence).
🪜 Chapitre 7 — Caractéristiques et facteurs de la mobilité sociale
Mobilité sociale intergénérationnelle
Changement de position sociale entre parents et enfants. Mesurée par les enquêtes Formation-Qualification-Professionnelle (FQP) de l'INSEE. Tables de mobilité.
Fluidité sociale
Goldthorpe : indépendance statistique entre position d'origine et position d'arrivée (contrôle de la structure sociale). Plus précise que la mobilité brute observée.
Déclassement
Situation où un individu occupe une position sociale inférieure à celle de ses parents (déclassement intergénérationnel) ou inférieure à son diplôme (déclassement scolaire).
Paradoxe d'Anderson
Même si les enfants sont plus diplômés que leurs parents, la dévaluation des diplômes peut les maintenir au même niveau social (la position requiert de plus en plus de diplômes).
Reproduction sociale
Bourdieu : tendance des inégalités à se perpétuer d'une génération à l'autre via la transmission du capital culturel et les mécanismes scolaires. "Les héritiers".
Table de mobilité
Tableau croisant la PCS des fils (ou filles) avec celle de leur père. Table de destinée (que deviennent les fils de…) et table de recrutement (d'où viennent les…).
Mobilité structurelle
Part de la mobilité sociale due à la transformation de la structure des emplois (ex : tertiarisation, déclin des agriculteurs), et non à une vraie ouverture de la société.
Mobilité observée / nette
Observée (ou brute) : tous les changements de position constatés. Nette : ce qui reste une fois retirée la mobilité structurelle → reflète la "fluidité" réelle.
Démocratisation scolaire
Accès élargi de tous aux études. Quantitative (plus de diplômés) mais souvent "ségrégative" : les inégalités se déplacent vers les filières prestigieuses (Merle).
Mobilité géographique
Changement de lieu de résidence d'un individu. À distinguer de la mobilité sociale (changement de position dans la hiérarchie sociale).
Mobilité professionnelle
Changement de position sociale au cours de la carrière d'un individu (mobilité intragénérationnelle).
Mobilité ascendante / descendante
Ascendante : passage à une position sociale supérieure à celle d'origine (promotion). Descendante : passage à une position inférieure (déclassement).
Ressources familiales
Ensemble des capitaux (économique, social, culturel) que les individus peuvent mobiliser au sein de leur famille. Facteur clé de la (im)mobilité sociale.
Configuration familiale
Composition de la famille et caractéristiques sociales de ses membres (taille, diplôme des parents…), qui influence la réussite scolaire et sociale.
Table de destinée
Lecture en ligne d'une table de mobilité : ce que deviennent les enfants d'une origine sociale donnée (« que deviennent les fils de cadres ? »).
Table de recrutement
Lecture en colonne : l'origine sociale des personnes occupant aujourd'hui une position donnée (« d'où viennent les cadres ? »).
Mobilité observée (brute)
Ensemble des changements de position sociale constatés dans une table de mobilité, sans distinguer leurs causes.
Massification scolaire
Forte hausse du nombre d'élèves et de diplômés. À distinguer de la démocratisation (l'accès s'élargit sans égaliser les chances de réussite).
Homogamie
Fait de se mettre en couple avec une personne de même milieu social. Facteur de reproduction sociale et frein à la mobilité.
Hérédité sociale
Reproduction de la position sociale des parents chez les enfants (immobilité). Mesurée sur la diagonale des tables de mobilité.
💼 Chapitre 8 — Quelles mutations du travail et de l'emploi ?
OST (Taylor)
Organisation Scientifique du Travail : décomposer chaque tâche en gestes élémentaires, chronométrer, supprimer les temps morts, séparer conception et exécution.
Fordisme
Production de masse standardisée sur chaîne de montage + hauts salaires permettant aux ouvriers d'acheter ce qu'ils produisent. "Five dollars a day" (1914).
Toyotisme (Ohno)
Juste-à-temps (zéro stock), zéro défaut, polyvalence, cercles de qualité, flux tirés par la demande (≠ flux poussés du fordisme). Qualité totale.
Flexibilité quantitative externe
Ajuster le volume d'emploi selon la conjoncture : licenciements, CDD, intérim, recours aux sous-traitants. Facile mais déstabilisante pour les salariés.
Flexibilité quantitative interne
Ajuster le temps de travail sans toucher à l'effectif : heures supplémentaires, chômage partiel, annualisation du temps de travail.
Flexibilité qualitative
Polyvalence des salariés : peuvent occuper différents postes, s'adapter à de nouvelles technologies. Nécessite formation continue.
Ubérisation
Plateformes numériques mettant en relation clients et prestataires "indépendants". Statut ambigu : ni salarié ni vraiment indépendant. Érosion du droit du travail.
Chômage structurel
Inadéquation durable entre offre et demande de travail (compétences, localisation). Long à résorber, ne disparaît pas avec la reprise économique. ≠ chômage frictionnel.
Chômage conjoncturel
Chômage lié à un ralentissement de l'activité économique (récession). Diminue avec la reprise. Cible de la politique de relance keynésienne.
Polarisation des emplois
Numérique : hausse des emplois très qualifiés (non automatisables) + peu qualifiés (non délocalisables) + baisse des emplois intermédiaires routiniers (Autor).
Travail indépendant
Statut de non-salarié (autoentrepreneur, professions libérales). En hausse avec le numérique. Avantage : liberté. Inconvénient : pas de protection sociale complète (chômage).
Salaire de réservation
Salaire minimum en-dessous duquel un individu préfère ne pas travailler. Dépend des aides sociales, du coût de la vie, des qualifications.
Chômage frictionnel
Chômage de courte durée lié au temps de transition entre deux emplois (recherche, mobilité). Considéré comme incompressible, même au "plein emploi".
Chômage (BIT)
Selon le Bureau International du Travail : personne sans emploi, disponible et recherchant activement un emploi. ≠ inactif (ni en emploi ni en recherche).
Salarisation
Hausse de la part des salariés dans la population active (≈ 88% en France). Marque le recul du travail indépendant traditionnel au XXᵉ siècle, aujourd'hui en partie remis en cause.
Précarité de l'emploi
Situation d'emplois instables et mal protégés (CDD, intérim, temps partiel subi). Touche surtout les jeunes et les peu qualifiés. Forme de "déstabilisation" (Castel).
Qualification
Ensemble des savoirs et compétences reconnus (diplôme, expérience) permettant d'occuper un poste. La déqualification = occuper un emploi sous son niveau de qualification.
Coût du travail
Coût total d'un salarié pour l'employeur : salaire net + cotisations sociales. Sa réduction (politiques de l'offre) vise à favoriser l'embauche et la compétitivité-prix.
Salaire d'efficience
Payer au-dessus du marché pour motiver, fidéliser et augmenter la productivité des salariés. Explique une partie du chômage (le salaire ne baisse pas assez pour tout absorber).
Insiders / Outsiders
Les salariés protégés en poste (insiders) défendent leurs avantages au détriment des chômeurs et précaires (outsiders). Explique la persistance du chômage (rigidités).
Flexisécurité
Modèle (Danemark) combinant flexibilité pour l'employeur (licenciement facile) et sécurité pour le salarié (forte indemnisation + formation). Compromis flexibilité/protection.
Intégration par le travail (Castel)
Le travail (surtout salarié stable) procure revenu, identité, lien social et protection. Sa fragilisation (précarité, chômage) menace l'intégration sociale → "désaffiliation".
Disqualification sociale (Paugam)
Processus par lequel le chômage durable et l'assistance dégradent le statut social et l'estime de soi. Spirale d'exclusion : le travail comme rempart contre la disqualification.
Conflit du travail
Opposition collective entre salariés et employeurs (grève, débrayage). Indicateur de rapports de force dans l'entreprise. En recul mais formes nouvelles (individuelles, juridiques).
Économie de plateforme
Modèle où une plateforme numérique (Uber, Deliveroo) met en relation offreurs et demandeurs. Brouille la frontière salariat/indépendance et pose la question du statut des travailleurs.
Travail
Activité humaine de production de biens et de services. Notion plus large que l'emploi (inclut le travail domestique, bénévole…).
Emploi
Activité de production rémunérée et déclarée qui définit la position sociale d'un individu. Encadré par un statut (salarié, indépendant) et un contrat.
Intégration sociale
Processus par lequel un individu devient membre d'un groupe social par la création de liens sociaux. Le travail (emploi stable) en est un vecteur majeur (Castel).
Contrat de travail
Contrat par lequel une personne s'engage à travailler pour un employeur contre rémunération, avec un lien de subordination juridique. Encadré par le Code du travail (CDI, CDD…).
Flexibilité du travail
Capacité de l'employeur à adapter sa main-d'œuvre (volume, temps, organisation, salaires) aux variations de l'activité. Externe, interne, qualitative.
Les notions ci-dessous ne figurent pas dans tes 8 chapitres actuels, mais font partie du programme de Terminale (elles peuvent tomber en transversal ou arriver plus tard dans l'année).
💸 Notions complémentaires — Financement & crises financières
Autofinancement
Financement interne : l'agent utilise son épargne propre (bénéfices non distribués pour une entreprise, épargne pour un ménage). Pas de dette.
Financement intermédié
Financement externe via un intermédiaire financier (banque) qui collecte l'épargne et accorde des crédits. Rôle de transformation des échéances.
Désintermédiation
Tendance des agents à se financer directement sur les marchés financiers, sans passer par les banques. Essor depuis les années 1980 (loi bancaire 1984 en France).
Action
Titre de propriété d'une fraction du capital d'une entreprise. L'actionnaire perçoit des dividendes et peut réaliser des plus-values. Risque élevé.
Obligation
Titre de créance : l'émetteur (entreprise ou État) emprunte à un taux d'intérêt fixe sur une durée déterminée. Risque plus faible qu'une action.
Marché primaire
Marché sur lequel sont émis les nouveaux titres financiers. L'entreprise lève des fonds directement auprès des investisseurs (IPO, émission obligataire).
Marché secondaire
Marché d'occasion sur lequel s'échangent des titres déjà émis (ex : Bourse de Paris). Assure la liquidité des titres.
Titrisation
Transformation de créances bancaires (ex : crédits immobiliers) en titres négociables sur les marchés. A contribué à la crise des subprimes de 2008.
Risque systémique
Risque qu'une défaillance locale se propage en cascade à tout le système financier (effet domino). "Too big to fail" : certaines banques ne peuvent pas faire faillite.
Aléa moral
Comportement risqué d'un agent protégé contre les conséquences de ce risque (ex : banques qui prennent plus de risques car l'État les sauvera).
Liquidité
Capacité d'un actif à être converti rapidement en monnaie sans perte de valeur. La monnaie est l'actif le plus liquide.
Effet de levier
Recours à l'endettement pour amplifier les gains (et les pertes) potentiels d'un investissement. Risque accru en cas de retournement de conjoncture.
Capacité de financement
Situation d'un agent dont l'épargne dépasse les besoins de financement (typiquement les ménages). Il peut prêter le surplus aux agents à besoin de financement.
Besoin de financement
Situation d'un agent dont les dépenses d'investissement dépassent l'épargne (typiquement les entreprises et l'État). Il doit emprunter pour financer ses projets.
Système financier
Ensemble des institutions (banques, marchés, autorités) qui mettent en relation agents à capacité et à besoin de financement. Assure l'allocation de l'épargne.
Création monétaire
"Les crédits font les dépôts" : quand une banque accorde un crédit, elle crée de la monnaie scripturale ex nihilo. La banque centrale en encadre le volume.
Banque centrale
Institution qui émet la monnaie, fixe les taux directeurs et supervise le système bancaire (BCE pour la zone euro). Garante de la stabilité des prix et financière.
Masse monétaire
Quantité de monnaie en circulation dans une économie (pièces, billets, dépôts). Sa croissance excessive peut alimenter l'inflation. Pilotée par la banque centrale.
Bulle spéculative
Écart croissant entre le prix d'un actif et sa valeur réelle, alimenté par l'anticipation de hausses futures. Éclate brutalement → krach (ex : 2000, 2008).
Comportement mimétique
Sur les marchés, les agents imitent les autres plutôt que de se fier à leur info propre (Orléan). Amplifie bulles et krachs : "moutons de Panurge" financiers.
Prophétie autoréalisatrice
Une anticipation qui se réalise du seul fait qu'on y croit (ex : tous vendent par peur d'une baisse → la baisse a lieu). Source d'instabilité financière.
Spéculation
Achat/vente d'un actif dans le seul but de tirer profit de la variation de son prix (et non de le détenir). Peut stabiliser ou déstabiliser les marchés.
Krach boursier
Effondrement brutal et massif des cours sur un marché financier (1929, 1987, 2008). Souvent l'éclatement d'une bulle ; peut déclencher une crise économique réelle.
Subprimes
Crédits immobiliers américains à risque accordés à des ménages peu solvables, à taux variable. Leur titrisation a déclenché la crise financière mondiale de 2008.
Crise de liquidité / solvabilité
Liquidité : manque temporaire de monnaie disponible. Solvabilité : l'agent ne peut plus rembourser ses dettes (pertes > fonds propres). La 1ʳᵉ peut mener à la 2ᵉ.
Antisélection (Akerlof)
L'asymétrie d'information évince les bons risques au profit des mauvais (marché des "lemons"). Ex : le prêteur ne distingue pas l'emprunteur fiable du risqué.
Régulation prudentielle (Bâle)
Règles imposant aux banques des fonds propres minimaux (ratios de Bâle) pour absorber les pertes. Vise à prévenir les faillites et le risque systémique.
Prêteur en dernier ressort
Rôle de la banque centrale : fournir des liquidités d'urgence aux banques solvables menacées de faillite pour éviter la panique et la contagion.
Déréglementation (3D)
Mouvement des années 1980 : Désintermédiation, Décloisonnement (marchés unifiés), Déréglementation. A favorisé la globalisation financière mais aussi l'instabilité.
⚖️ Notions complémentaires — Justice sociale
Justice sociale
Idéal d'une répartition équitable des ressources, droits et opportunités dans la société. Plusieurs conceptions s'opposent (égalité des droits, des chances, des situations).
Égalité des droits
Tous les individus ont les mêmes droits formels (juridiques, politiques, civils). Condition de base mais insuffisante : des inégalités réelles persistent malgré l'égalité en droit.
Égalité des chances
Donner à chacun les mêmes possibilités de réussir, indépendamment de son origine. Méritocratie : la position doit dépendre du mérite, pas de la naissance.
Égalité des situations
Réduire les écarts de conditions de vie réelles (revenus, patrimoine, accès aux services). Plus exigeante que l'égalité des chances ; vise les résultats, pas les positions de départ.
Méritocratie
Système où la position sociale dépend du mérite (talent + effort) et non de l'origine. Idéal de l'égalité des chances, mais critiqué : le "mérite" dépend aussi du capital hérité.
Équité
Traiter différemment des situations différentes pour rétablir une égalité réelle (ex : aider davantage les plus défavorisés). Distincte de l'égalité stricte (même traitement pour tous).
Discrimination
Traitement défavorable et illégal d'une personne en raison d'un critère prohibé (origine, sexe, âge, handicap…). Source d'inégalités injustes sur le marché du travail notamment.
Discrimination positive
Mesures favorisant temporairement un groupe défavorisé pour rétablir l'égalité des chances (ex : quotas, ZEP, conventions ZEP-Sciences Po). Débattue (rupture d'égalité ?).
Rawls (justice comme équité)
Sous "voile d'ignorance", on choisit des principes justes. Principe de différence : les inégalités ne sont acceptables que si elles profitent aux plus défavorisés.
Nozick (libertarisme)
La justice = respect des libertés individuelles et de la propriété légitimement acquise. Toute redistribution forcée par l'État est une atteinte aux droits. S'oppose à Rawls.
Utilitarisme
Une situation est juste si elle maximise le bien-être total de la société (Bentham). Critiqué car peut justifier le sacrifice d'une minorité pour le bonheur du plus grand nombre.
Redistribution
Action des pouvoirs publics modifiant la répartition primaire des revenus via prélèvements et prestations. Horizontale (entre situations) et verticale (des riches vers les pauvres).
Fiscalité progressive
Impôt dont le taux augmente avec le revenu (ex : impôt sur le revenu). Réduit les inégalités. ≠ impôt proportionnel (taux unique, ex : TVA, plutôt régressif).
Services collectifs
Services financés par la collectivité et accessibles à tous (école, santé, transports). Forme de redistribution "en nature" qui réduit les inégalités réelles de niveau de vie.
🛡️ Notions complémentaires — Protection sociale
Risque social
Événement qui menace la sécurité économique d'un individu (maladie, chômage, vieillesse, accident, famille). Sa prise en charge collective fonde la protection sociale.
Protection sociale
Ensemble des mécanismes collectifs de prise en charge des risques sociaux (Sécurité sociale, assurance chômage, aide sociale, mutuelles). Repose sur assurance et assistance.
État-providence
État qui intervient dans le domaine social et économique pour assurer le bien-être des citoyens (protection sociale, redistribution, services publics). Né après 1945.
Logique d'assurance (Bismarck)
Protection financée par des cotisations sur le travail, réservée aux cotisants et proportionnelle (logique contributive). Inspire la Sécurité sociale française.
Logique d'assistance (Beveridge)
Protection universelle financée par l'impôt, visant les plus démunis sous condition de ressources (ex : RSA, minima sociaux). Logique de solidarité nationale.
Sécurité sociale
Institution créée en 1945 (France) couvrant les principaux risques : maladie, famille, vieillesse, accidents du travail. Financée principalement par les cotisations sociales.
Cotisations sociales
Prélèvements assis sur les salaires (part salariale + patronale) finançant la protection sociale assurantielle. Donnent droit à des prestations (logique contributive).
Prestations sociales
Versements aux ménages au titre de la protection sociale : en espèces (retraites, allocations) ou en nature (remboursements de santé). Réduisent fortement les inégalités.
Mutualisation des risques
Mettre en commun les cotisations d'un grand nombre pour indemniser ceux qui subissent un risque. Principe de l'assurance : la solidarité entre cotisants protège chacun.
Solidarité
Lien de dépendance mutuelle entre les membres d'une société qui les engage à s'entraider. Fondement de la protection sociale (Durkheim : solidarité organique).

Méthode & Sujets Bac

EC1, EC2, EC3, Dissertation — exemples réels tombés au bac et comment y répondre.

Les 4 épreuves — Vue d'ensemble
ÉpreuveCe qu'on te demandeStructure attendueDurée
EC1Question de cours simple. Mobiliser les connaissances sur un point précis.Définition + 2-3 idées structurées + données chiffrées ou auteur~6 lignes
EC2Étude d'un ou deux documents statistiques ou textes. Lire, analyser, mettre en relation.Présentation du doc → lecture des données clés → mise en relation avec le cours~10 lignes
EC3Raisonnement guidé s'appuyant sur un dossier de 3 documents. Argumenter en 2 parties.2 parties, chacune avec 1 argument du cours + 1 document + données~25 lignes
DissertationQuestion ouverte avec dossier documentaire. Problématiser, développer, nuancer.Intro (problématique) + 2-3 parties + conclusion. Répondre à la question posée.~4 pages
✏️ EC1 — Question de cours

Méthode en 1 phrase : Définir le terme-clé du sujet, puis développer 2 idées avec un auteur ou une donnée chiffrée chacune.

Sujet 1 — "Comment le progrès technique contribue-t-il à la croissance économique ?"

En 1 phrase : Le PT augmente la PGF (Solow), puis les théories endogènes montrent qu'il est lui-même produit par la R&D et le capital humain (Romer).

Idée 1 — Le PT améliore la PGF : entre 1985-2010 en France, la PGF contribue pour 40% à la croissance du PIB (Solow). Schumpeter : innovation = destruction créatrice.
Idée 2 — Le PT est endogène : l'investissement en R&D et en capital humain génère des externalités positives qui s'auto-entretiennent (Romer, Lucas). Rôle de l'État (financement recherche publique).
Sujet 2 — "Quels sont les déterminants du vote ?"

En 1 phrase : Le vote est déterminé par la socialisation politique (qui forge une identité partisane stable) mais aussi par des enjeux conjoncturels (vote sur enjeux, Downs).

Idée 1 — Vote d'appartenance (Lazarsfeld) : "tu votes comme tu es" — classe sociale, religion, région déterminent le vote de façon stable. Socialisation familiale primordiale.
Idée 2 — Vote sur enjeux (Downs) : l'électeur rationnel choisit selon ses positions sur des problèmes (économie, sécurité). Explique la volatilité électorale croissante.
Sujet 3 — "Montrez que la croissance économique peut être source d'inégalités"

En 1 phrase : La croissance profite inégalement selon les acteurs (capital vs travail, qualifiés vs non qualifiés) et les pays (divergence entre Sud et Nord global).

Idée 1 — Polarisation : le numérique augmente les salaires des très qualifiés et comprime les emplois intermédiaires → inégalités de revenus (Autor). Kuznets : inégalités augmentent d'abord avec la croissance.
Idée 2 — Divergence internationale : certains pays pauvres n'ont pas les conditions (institutions, capital humain) pour converger (Solow conditionnel). Inégalités entre pays riches et PMA persistent.
Sujet 4 — "Quels sont les avantages du libre-échange ?"

En 1 phrase : Le libre-échange permet des gains à l'échange via la spécialisation (Ricardo) et stimule la croissance via les économies d'échelle (Krugman).

Idée 1 — Avantages comparatifs (Ricardo) : chaque pays se spécialise dans ce qu'il fait relativement mieux → gains mutuels à l'échange même sans avantage absolu.
Idée 2 — Effets dynamiques (Krugman) : économies d'échelle + concurrence accrue → innovation, baisse des prix, diversité des produits. Marché unique européen en est un exemple.
📊 EC2 — Étude de document(s)

Méthode en 1 phrase : Présenter le document (source, date, nature), lire les données importantes en les reformulant, puis les relier au cours sans oublier de faire des calculs si nécessaire (variation, ratio).

Structure obligatoire :
1. Présentation — "Ce document est un [graphique/tableau] publié par [INSEE/OCDE] en [année]. Il représente [quoi] de [qui] de [quand à quand]."
2. Lecture des données — Citer des chiffres précis, faire un calcul si utile (écart, évolution en %).
3. Interprétation — Relier au cours (auteur, mécanisme, notion). Ne jamais paraphraser le doc sans l'analyser.
Sujet 1 — "À l'aide du document, vous montrerez que la mobilité sociale intergénérationnelle en France est limitée"

En 1 phrase : Le document (table de mobilité) montre que l'origine sociale pèse fortement sur la destination, ce qu'on relie à la reproduction sociale (Bourdieu) et au rôle du capital culturel.

Lecture — Relever le taux de reproduction dans la case diagonale (fils de cadres → cadres) et comparer avec la mobilité descendante.
Interprétation — Bourdieu : le capital culturel transmis par la famille reproduit les positions. L'école "consacre" les inégalités plutôt qu'elle ne les corrige.
Sujet 2 — "À l'aide du document, vous montrerez que l'abstention est socialement différenciée"

En 1 phrase : Le doc montre que l'abstention touche davantage les jeunes, les peu diplômés et les faibles revenus, ce que Gaxie explique par le "cens caché".

Lecture — Citer les taux d'abstention selon la PCS ou le niveau d'études (ex : 40% chez les ouvriers vs 15% chez les cadres).
Interprétation — Gaxie : les ressources culturelles inégalement réparties créent une incompétence politique perçue → abstention structurelle des classes populaires.
Sujet 3 — "À l'aide du document, montrez que les échanges commerciaux ont augmenté au niveau mondial"

En 1 phrase : Le doc montre la croissance des exportations mondiales (souvent plus rapide que le PIB mondial), à relier à la création de l'OMC (1995) et au développement des chaînes de valeur mondiales.

Lecture — Calculer le taux de croissance des exportations mondiales entre deux dates. Comparer avec la croissance du PIB mondial (si dispo).
Interprétation — Mondialisation commerciale : baisse des droits de douane (OMC), fragmentation de la production (CVM), développement des pays émergents (Chine).
📄 EC3 — Raisonnement guidé (dossier documentaire)

Méthode en 1 phrase : 2 parties imposées par le sujet, chacune = 1 argument du cours solidement ancré dans au moins 1 document du dossier, avec des données chiffrées.

Structure pour chaque partie :
→ Idée principale (phrase de topic)
→ Explication / mécanisme (cours + auteur)
→ Illustration par le document ("Ainsi, selon le Doc 2…") + donnée chiffrée
→ Courte phrase de conclusion de partie
Sujet 1 — "Montrez que les politiques économiques menées dans le cadre européen font face à des contraintes institutionnelles (I) et conjoncturelles (II)"

En 1 phrase : I = le PSC (déficit <3%, dette <60%) et l'indépendance de la BCE contraignent les États. II = la politique unique de la BCE est inadaptée aux chocs asymétriques qui frappent différemment chaque pays.

Partie I — PSC (Maastricht 1992) : limite la relance budgétaire même en récession. Exemple : Grèce 2010, obligation d'austérité malgré crise. Conflit politique monétaire (BCE vise 2%) vs politique budgétaire nationale.
Partie II — Choc asymétrique : crise 2008 touche plus l'Espagne (bulle immobilière) que l'Allemagne. La BCE ne peut baisser les taux uniquement pour un pays. Sans dévaluation possible → déflation salariale imposée.
Sujet 2 — "Montrez que l'action collective pose un problème de coordination (I) et que des solutions existent (II)"

En 1 phrase : I = le free rider (Olson) rend irrationnel l'engagement individuel quand le bien est non-exclusif. II = les incitations sélectives et la contrainte résolvent partiellement le problème.

Partie I — Olson (1965) : si une augmentation salariale profite à tous les salariés (non-exclusion), chaque salarié a intérêt à ne pas se syndiquer. Taux de syndicalisation en France : ~11% (parmi les plus bas en Europe).
Partie II — Solutions : incitations sélectives (services juridiques, assurances réservés aux syndiqués) + représentativité légale (les syndicats négocient pour tous, même non-membres). Nouvelles formes (pétitions en ligne : Change.org — faible coût de participation).
Sujet 3 — "Montrez que la croissance économique a des limites écologiques (I) et sociales (II)"

En 1 phrase : I = la croissance détruit du capital naturel irremplaçable (soutenabilité forte, Daly) et génère des externalités négatives non comptabilisées. II = la croissance ne se traduit pas automatiquement en bien-être équitablement distribué.

Partie I — Limites écologiques : Rapport Meadows (1972) : croissance exponentielle sur une planète finie. Changement climatique, effondrement de la biodiversité. Courbe environnementale de Kuznets : à débattre.
Partie II — Limites sociales : croissance peut aggraver les inégalités (Piketty : r > g). IDH > PIB/hab : le bien-être n'est pas que monétaire. Polarisation des emplois (Autor) : les gains de la croissance profitent surtout aux très qualifiés.
📝 Dissertation — Plans types tombés au Bac

Méthode en 1 phrase : Problématiser (ne pas répondre oui/non mais "dans quelle mesure, avec quelles nuances ?"), puis 2 parties avec 2 sous-parties chacune, en utilisant les documents + le cours, en concluant par une réponse claire.

Intro obligatoire : Accroche → Définition des termes → Délimitation → Problématique → Annonce du plan
Piège à éviter : Réciter le cours sans répondre à la question. La dissertation note la capacité à mobiliser les connaissances au service d'une réponse.
Sujet 1 (★★★ tombé au Bac) — "Comment les politiques économiques agissent-elles dans le cadre européen ?"

Problématique : Les politiques économiques sont-elles efficaces dans le cadre d'une intégration avancée qui contraint les États, ou la coordination européenne permet-elle de dépasser ces contraintes ?

I. L'intégration européenne encadre et conditionne les politiques économiques
   I.A. Le marché unique et ses effets positifs sur la croissance (effets statiques et dynamiques)
   I.B. La politique de la concurrence européenne comme garde-fou

II. Les politiques conjoncturelles restent contraintes et parfois inefficaces
   II.A. Le PSC limite la politique budgétaire (déficit <3%, aléa moral)
   II.B. La politique monétaire unique de la BCE inadaptée aux chocs asymétriques
Sujet 2 (★★★ tombé au Bac) — "La structure sociale française s'est-elle transformée ?"

Problématique : Si la structure sociale s'est effectivement transformée (salarisation, montée des classes moyennes, féminisation), la reproduction sociale (Bourdieu) et les inégalités persistent-elles malgré ces évolutions ?

I. La structure sociale française a profondément évolué
   I.A. Salarisation, tertiarisation et montée des professions intermédiaires
   I.B. Féminisation du marché du travail et évolution des positions sociales

II. Mais les inégalités et la reproduction sociale persistent
   II.A. Capital culturel et habitus : Bourdieu — la mobilité reste limitée
   II.B. Nouvelles formes d'inégalités : déclassement, inégalités H/F, fracture numérique
Sujet 3 (★★★ tombé au Bac) — "Le commerce international est-il toujours bénéfique ?"

Problématique : Si le libre-échange génère des gains mutuels (Ricardo, Krugman), ses effets sont-ils distribués de manière équitable, et certaines situations ne justifient-elles pas un encadrement du commerce ?

I. Le commerce international est source de gains mutuels
   I.A. Spécialisation selon les avantages comparatifs (Ricardo) → gains à l'échange
   I.B. Économies d'échelle, innovation et croissance (Krugman, effets dynamiques)

II. Mais ses effets sont inégalement répartis et peuvent justifier un encadrement
   II.A. Gagnants et perdants : désindustrialisation, dumping social et fiscal
   II.B. Arguments pour un protectionnisme limité : industries naissantes (List), secteurs stratégiques
Sujet 4 — "Dans quelle mesure l'action collective peut-elle modifier les rapports sociaux ?"

Problématique : L'action collective permet-elle réellement de transformer les rapports de pouvoir (Marx, Touraine), ou le problème du free rider (Olson) et la désinstitutionnalisation fragilisent-ils cette capacité ?

I. L'action collective est un vecteur de transformation sociale
   I.A. Syndicats et grèves : conquêtes sociales historiques (congés payés 1936, 35h)
   I.B. Nouveaux mouvements sociaux : #MeToo, écologie — transformation des normes culturelles

II. Mais l'action collective fait face à des obstacles croissants
   II.A. Le free rider (Olson) affaiblit les organisations traditionnelles (déclin syndical)
   II.B. Nouvelles formes d'engagement : pétitions, réseaux sociaux — efficacité limitée ?
📊 Chiffres et exemples à mobiliser absolument
Fait / ChiffreÀ utiliser pour…
PIB France 2024 = +1,2%Croissance économique faible, défis
PSC : déficit < 3% PIB, dette < 60%Contraintes politiques budgétaires zone euro
Zone euro = 20 États (2024) / UE = 27Distinguer UE et zone euro, intégration
BCE : taux à 0% (2020-22) puis ↑ 4,5% (2023)Politique monétaire conjoncturelle
NextGenerationEU (2020) : 750 Mds €Politique budgétaire européenne, suspension PSC
Crise grecque 2010 : dette à 150% du PIBChoc asymétrique, limites zone euro
Abstention législatives 2022 : 52,5%Comportement électoral, crise de représentation
Syndicalisation France : ~11%Action collective, free rider, déclin syndical
Écart salarial H/F : ~16,8% (à temps plein)Inégalités de genre, stratification sociale
Part industrie emploi FR : 25% → 10% en 40 ansDésindustrialisation, mutations travail
Rapport Meadows (1972) / Brundtland (1987)Limites croissance, développement durable
OMC créée en 1995 (ex-GATT)Mondialisation, libre-échange, régulation
Qui sont-ils ?

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